Mali: Le pays à l'épreuve d'une nouvelle attaque meurtrière

Au moins 25 soldats ont été tués lors de combats autour de deux camps militaires attaqués par des djihadistes. C'est un des coups les plus durs essuyés depuis des mois par l'armée malienne.

Boulkessy et Mondoro, près du Burkina Faso, sont les deux camps attaqués par les djihadistes lundi et mardi 30 septembre et 1er octobre. D'intenses combats autour de ces positions militaires se sont soldés par la mort d'au moins 25 soldats, selon un bilan officiel provisoire.

En dehors de ces soldats tombés les armes à la main, une soixantaine de leurs collègues selon le gouvernement, et même 78 selon une source sécuritaire, sont actuellement introuvables. Rien ne permet de dire s'ils ont été tués ou capturés.

C'est justement ce qui inquiète Boubacar Kéita concernant l'organisation et la force de frappe des assaillants.

"S'agit-il des éléments qui, voulant se sauver, sont pour l'instant dans la nature ou ont une position stratégique ?"s'interroge l'analyste

Selon lui, "s'il s'agit d'un enlèvement, le nombre reste quand même relativement élevé. Capturer 60 éléments des forces maliennes et de sécurité est inquiétant et c'est dire que ceux-ci ont des moyens, qu'il faut se poser des questions sur la capacité réelle de ces groupes radicaux à opérer dans ces zones", commente Boubacar Kéita.

De lourdes pertes pour l'armée

Même si l'armée malienne est parvenue à reprendre le contrôle des positions attaquées, le gouvernement malien, dans un communiqué rendu public, déplore de lourdes pertes en matériel et d'importants dégâts.

Le directeur de l'information et des relations publiques des armées explique qu'une opération aérienne effectuée dans la zone se poursuit actuellement pour neutraliser les assaillants et reprendre le contrôle effectif des positions militaires.

"La gestion de la situation continue sur le terrain. Des dispositions opérationnelles sont en cours en vue de mieux ratisser cette zone afin de débusquer d'éventuels assaillants qui seraient encore dans le secteur", a déclaré le Colonel Diarran Koné.

C'est donc un coup rude pour l'armée malienne qui a subi de lourdes pertes face à l'activisme des groupes extrémistes présents dans le centre et le nord du pays.

Baba Dakono, chercheur à l'Institut d'études de sécurité (ISS), explique la situation par de nombreux facteurs au nombre desquels le coup d'Etat de 2012 qui a ouvert une période de crise politiques au Mali.

"Il y a des facteurs politiques, que ça soit au Burkina ou au Mali, il y a eu en mars au Mali ce coup d'Etat. Au Burkina également il y a eu un changement de régime. L'instabilité politique ou les ruptures institutionnelles au niveau de ces Etats profitent à ces groupes qui, par ailleurs, profitent aussi de la défaillance dans la gouvernance des Etats pour construire leur discours, afin de convaincre le maximum de personnes d'adhérer à leur cause.", analyse Baba Dakono.

Pour le moment, cette nouvelle attaque n'a pas encore été revendiquée mais le G5 Sahel met officiellement en cause le groupe djihadiste Ansaroul Islam.

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