Maroc: Le Conseil de sécurité remet le dossier du Sahara sur le métier

La question de nos provinces sahariennes au centre des travaux de l'ONU tout au long du mois courant

Moussaoui Ajlaoui

Antonio Guterres pourrait désigner une personnalité chinoise ou africaine comme Envoyé personnel pour le Sahara

Le Conseil de sécurité de l'ONU planchera durant ce mois d'octobre sur la question de nos provinces sahariennes.

Les consultations entre les membres de cette instance décisionnelle de l'ONU porteront sur le rapport du Secrétaire général, Antonio Guterres, relatif à la situation au Sahara.

La démission surprise de son Envoyé personnel pour le Sahara, Horst Kohler, «pour raisons de santé», planera de toute évidence sur les consultations au Conseil de sécurité. L'ancien président allemand avait pu organiser deux tables rondes à Genève en présence des parties concernées par cette question, à savoir le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et les séparatistes du Polisario. La première a été tenue les 5 et 6 décembre 2018 et la seconde les 21 et 22 mars 2019. Le troisième round des pourparlers de Genève sur le Sahara était prévu cet été, mais le départ imprévu de Horst Kohler a mis les pourparlers à l'arrêt.

Jusqu'à présent, aucune annonce n'a encore été faite concernant le remplacement de Horst Kohler et personne ne sait si son successeur va être une personnalité européenne ou un diplomate américain. Contacté par Libé, Moussaoui Ajlaoui, expert au Centre d'études pour l'Afrique et le Moyen-Orient, (AMES-Center), a estimé qu'Antonio Guterres pourrait désigner une personnalité chinoise ou africaine comme Envoyé personnel pour le Sahara, tout en rappelant que le Secrétaire général de l'ONU avait nommé cette année le diplomate chinois, Juang Xia comme Envoyé spécial pour la région des Grands Lacs.

Au terme de leurs consultations, les membres du Conseil de sécurité devraient renouveler le mandat de la Minurso avant son expiration le 31 octobre. Les discussions porteront probablement sur la durée dudit mandat. L'on sait que les Etats-Unis avaient proposé en 2018 sa prorogation de six mois alors que la France s'y était opposée et en fin de compte, c'est la proposition des Américains qui a été retenue.

Est-ce que les membres du Conseil de sécurité opteront une nouvelle fois pour la prorogation du mandat de la Minurso d'un an ? « Je ne crois pas », a estimé Moussaoui Ajlaoui dans une déclaration à Libé. Et d'ajouter : « Il faut replacer la position des Américains dans son contexte. Laquelle est fortement liée à la position américaine concernant toutes les forces de maintien de la paix en Afrique. En effet, l'administration américaine veut réduire sa contribution financière à celles-ci».

Il convient de rappeler que c'est l'Afrique du Sud qui présidera le Conseil de sécurité durant le mois d'octobre. Pour Moussaoui Ajlaoui, «ce pays fait face à des problèmes internes. Son économie s'écroule. Il occupe actuellement la troisième place en Afrique au niveau économique. S'ajoutent à cela des problèmes en lien avec la cohésion sociale (les violences raciales à l'égard des étrangers notamment africains). Dans ce contexte, l'ANC (le parti au pouvoir) s'ingéniera à instrumentaliser la question du Sahara pour redorer son blason » à l'intérieur du pays et en Afrique.

Toutefois, Moussaoui Ajlaoui a souligné que « la décision est essentiellement aux mains des membres permanents du Conseil de sécurité (les Etats-Unis, la France, la Russie, la Grande-Bretagne et la Chine). Ce que l'Afrique du Sud peut faire durant sa présidence, c'est de créer des problèmes au Maroc » mais elle ne peut en aucun cas infléchir les positions du Conseil de sécurité sur la question, affirmant que la plus importante instance décisionnelle de l'ONU a mis l'accent, depuis 2007, sur une solution politique à ce conflit inventé de toutes pièces par les ennemis de notre intégrité territoriale.

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