Sénégal: Redynamisation et adaptation des bibliothèques aux réalités africaines - Goethe Institut pose le débat

Goethe Institut Sénégal et ses partenaires que sont la Maison de l'oralité et du patrimoine Ker Leyti, l'Association sénégalaise des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Asbad) et Africulturelle, ont organisé hier, mercredi 2 octobre, un colloque axé sur le thème «Les bibliothèques dans la société orale: aujourd'hui et demain ?». Il s'agissait de réfléchir sur la redynamisation et l'adaptation des bibliothèques dans les sociétés orales.

Comment préserver les connaissances et l'éducation dans un monde globalisé basé sur l'oralité en tant que système d'information ? C'est sur cette question que des experts réfléchissaient hier, mercredi 2 octobre, à l'occasion d'un colloque organisé par Goethe Institut sur le thème «Les bibliothèques dans la société orale: aujourd'hui et demain ?». Occasion pour les panélistes de s'interroger sur l'avenir des bibliothèques dans nos sociétés mais également sur leur redynamisation, leur adaptation aux réalités africaines.

Prononçant la conférence inaugurale, le Pr Mamoussé Diagne a fait savoir que les civilisations et les traditions étaient toujours basées sur l'oralité. «Les civilisations africaines, traditionnelles étaient et sont massivement encore des civilisations de l'oralité. J'ai mis un quart de siècle à creuser les conséquences et les caractéristiques essentielles de la logique de l'oralité et les cultures de l'oralité n'obéissent pas au même titre que la logique écriture», a fait savoir le philosophe.

Ce qui l'amène à se demander «à quelle condition et selon quelle procédure, une société qui ne dispose pas d'un support indépendant du sujet comme l'écriture, peut produire, gérer et transmettre son patrimoine intellectuel ?».

Pour le président de l'Association sénégalaise des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Asbad), Thierno Kandji, «la bibliothèque est un concept occidental que nous utilisons dans nos systèmes éducatifs et culturels, reposant essentiellement sur l'oralité. Mais une réflexion et un questionnement quant à son adaptation à nos réalités culturelles se pose».

Selon lui, il est temps de faire une évaluation des offres de service de nos bibliothèques afin de pouvoir les adapter aux besoins de demain. Prenant la parole, la directrice de la bibliothèque à Goethe Institut, Bouya Fall, a relevé que «les bibliothèques sont les lieux de savoir par excellence. Par ailleurs, leur implantation sur le continent, à l'époque coloniale, n'a pas tenu compte du contexte oral.

Et, en négligeant cette réalité, un fossé s'est creusé entre ces deux maillons de transmission des savoirs». «Aujourd'hui, les œuvres écrites tendent à disparaitre et l'oralité notamment à travers le numérique reprend le dessus», a dit Bouya Fall. Pour elle, il est important que les bibliothèques en Afrique se positionnent sur cette question et soient une force de proposition.

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