Congo-Kinshasa: Journée internationale du café - L'État congolais appelé à relever les défis de l'ONAPAC-Goma

« Soutien aux Caféiculteurs et cacaoculteurs par un revenu décent pour leur dignité et leur viabilité économique », c'est le thème national qui a été retenu cette année en République démocratique du Congo, à l'occasion de la Journée internationale du café, célébrée le 1er octobre de chaque année.

À Goma, l'Office national des produits agricoles (ONAPAC) a lancé un appel vibrant aux autorités congolaises de venir à la rescousse de cette structure étatique qui, à ce jour, fait face à des difficultés énormes pour son bon fonctionnement.

La filière café en République démocratique du Congo (RDC) fait face à une chute sensible sur le plan économique et cela, depuis plus d'une décennie.

Profitant de la célébration de cette journée dédiée au café, Mbedi Mbuyu, Directeur chef de secteur Goma de l'ONAPAC, Mbedi Mbuyu a fait savoir que la filière café et cacao au Nord-Kivu est en baisse sensible et nécessite une intervention urgente des autorités congolaises.

« L'insécurité, l'instabilité politique, les tracasseries routières, la multiplicité des taxes et le manque des routes des dessertes agricoles ne permettent pas aujourd'hui aux cultivateurs de café qui sont par exemple dans le territoire de Rutshuru d'atteindre Goma et d'autres territoires de la province. À cela, il faut ajouter la baisse du prix de café sur le plan mondial qui a aussi influencé la chute dans ce secteur au Congo. Cette journée est donc une occasion pour l'État Congolais de faire un état de lieux sur la filière café au Nord-Kivu et partout en RDC afin de relever ces défis qui freinent le développement économique de la province car, le café est un domaine rentable au pays », indique Mbedi Mbuyu

À lui d'ajouter que le manque des usines modernes du traitement de café au Nord-Kivu influence la consommation du café étranger par les Gomatraciens.

« ... Aujourd'hui, ce café qui est consommé à Goma c'est du café congolais au départ qui traverse, pour la plupart des cas, d'une manière frauduleuse vers les pays voisins et revient au Nord-Kivu comme des +déchets utilisables+. C'est ce qui est consommé malheureusement par beaucoup de Gomatraciens. L'État devrait mettre en place des usines modernes de transformation de café localement pour lutter contre ce mauvais système », a conclu le Directeur chef de secteur Goma de l'ONAPAC.

Une chute fatale

Pour sa part, Gilbert Makelele, président du Conseil d'administration du Réseau des coopératives des producteurs de café et de cacao en RDC, a appelé les députés nationaux à travailler sur la loi agricole qui devra être mise en application pour sauver ce secteur. « Le chef de l'État sortant avait d'ailleurs promulgué la loi agricole, le 24 décembre 2011 qui était censée entrer en vigueur, en juin 2012. Mais jusqu'aujourd'hui, cette loi n'est pas toujours d'application. Les élus du peuple doivent y travailler et remettre ce sujet au débat à l'Assemblée nationale », a-t-il insisté.

« Vers 1970, la RDC exportait autour de 120.000 tonnes de café par l'an. Actuellement, c'est en moyenne 11.000 tonnes de café exportés. C'est une situation catastrophique qui doit susciter un éveil de la part des autorités. Il faut également qu'il y ait la création de la Banque agricole et des fonds de garantie pour permettre aux cultivateurs d'évoluer dans ce secteur », a souligné Gilbert Makelele.

De son côté, Pelagie Uwayo Kabano, ministre provincial de l'Agriculture au Nord-Kivu, a promis de faire parvenir aux autorités compétentes les problèmes liés au secteur café pour des solutions utiles dans les jours avenirs. Profitant de cette Journée internationale du café, l'ONAPAC a lancé la campagne caféière pour une bonne promotion du café au Pays.

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