Congo-Kinshasa: La Commission de censure s'en va-t'en guerre contre les insanités dans les chansons et clips

«Trop, c'est trop», dit-on à la Commission nationale de censure des chansons et des spectacles (CNCCS). Si autrefois accusée de laxisme, la Commission est plus que jamais déterminée à décourager les auteurs de chansons et clips qui dépravent les mœurs.

«On fait la censure dans le seul but de préserver les bonnes mœurs dans les chansons et spectacles; on ne défend que les intérêts des consommateurs. Notre travail s'apparente à ce que fait l'Office congolais de contrôle (OCC). À la seule différence que cet organisme public de contrôle de conformité préserve la santé physique tandis que nous protégeons la santé mentale du peuple, en général, et de la jeunesse, en particulier, qui est le plus exposée.

La Commission ne fait que son travail. Elle n'a jamais été créée pour des fins politiques. Nous avons nos cultures à préserver, nous n'allons pas copier les cultures européennes, comme nous le suggèrent d'aucuns. Ce qui se passe en Europe, nous ne pouvons pas forcément l'appliquer ici chez nous», a déclaré le directeur chargé de la censure à la Commission nationale de censure des chansons et des spectacles (CNCCS), Nga Charles. C'était au cours d'un entretien réalisé hier jeudi 3 octobre au siège de cette institution avec la rédaction du journal Le Potentiel.

Détermination

Déterminée à accompagner le chef de l'État dans son appel à la préservation des mœurs, la Commission invite les musiciens auteurs-compositeurs à mettre fin à l'ambiguïté des mots employés dans les chansons. «Pourquoi l'ambiguïté des paroles dans les chansons ? En mettant sur la place publique leurs chansons, les musiciens auteurs-compositeurs doivent employer des mots et paroles claires de façon à ne pas laisser libre cours à des interprétations. Qu'on ne prenne pas des gens pour des imbéciles, ce n'est pas sérieux », a réagi M. Nga Charles.

Souvent incomprise, la Commission sollicite l'implication de la population afin de réussir la lourde tâche de préserver les bonnes mœurs et la santé mentale des populations.

«Nous sollicitons le soutien de la population congolaise, parce qu'on est incompris. De fois, on nous soupçonne de nous intéresser à l'argent. Non, il n'en n'est pas question, parce qu'il y a des preuves de payement à la Raw Bank», a démenti le directeur Nga Charles, chargé de la censure.

L'article 15 de la loi organique confère à la Commission de censure le pouvoir de retirer une autorisation qu'elle a déjà donnée à un auteur-compositeur au cas où le public remarque que sa chanson dérange la société.

«La Commission, c'est la population. Si cette population rejette une chanson, nous n'allons que nous ranger derrière elle. La Commission travaille avec le monitoring derrière les radios, les télévisions... mais aussi avec les CEVB (Commissions ecclésiastiques vivantes de base) au niveau des églises catholiques pour dénoncer certains dérapages dans les chants. Après examen en plénière, la Commission peut alors retirer l'autorisation», a précisé Nga Charles.

Implication des médias sollicitée

Avec un album de 30 chansons, la loi n'accorde à la Commission que 60 jours pour l'auditionner et déceler d'éventuels dérapages. C'est le cas, notamment de Nyoka Longo dont le dernier album a pris deux mois d'audition à la Commission avant de recevoir l'autorisation.

Par ailleurs, après avoir inquiété l'artiste Koffi Olomide, la CNCCS est menacée de dissolution par des artistes et culturels. En réaction à ces opinions, le directeur Nga Charles estime qu'«il faut laisser à l'État le pouvoir de trancher, lui qui a le monopole de pouvoir. Imaginez-vous un 'kuluna' (brigand : ndlr) composer avec des éléments de la police ? Ou des criminels économiques composer avec des inspecteurs ? C'est la même chose avec ce que fait la Commission. Si effectivement ce sont des gens-parents- qui se soucient de l'éducation de leurs enfants, ils doivent soutenir l'action de la Commission».

Une chose est certaine, la population assiste impuissant aux insanités dans les chansons et clips congolais à travers les médias, alors que la Commission existe encore. «Ces chansons et clips passent frauduleusement, sans l'autorisation de la Commission. Les médias doivent aider la Commission en exigeant de musiciens les documents provenant de la Commission autorisant la diffusion de leurs chansons», a suggéré M. Nga Charles.

Au regard de ce qui précède, la population est appelée à soutenir les actions de cette Commission de façon à atteindre les résultats escomptés.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Le Potentiel

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.