Cameroun: Arrêt des poursuites contre les prisonniers anglophones - Réactions de la classe civile et politique

4 Octobre 2019

Le président camerounais Paul Biya a ordonné jeudi l'abandon des poursuites contre 333 détenus dans le cadre du conflit séparatiste des zones anglophones. Les classes politiques et la société civile camerounaise n'ont pas hésité à commenter cette décision du chef de l'Etat camerounais.

Pour Maitre Christopher Ndong qui défend plusieurs détenus de la crise anglophone"la mesure n'est pas satisfaisante".

« Je me félicite de la remise en liberté de 333 détenus anglophones », écrit Denis Nkwebo sur son mur Facebook ce jeudi 3 septembre 2019.

Jean De Dieu Momo remercie le chef de l'Etat pour avoir pris cette décision. « Dieu merci. Le Grand Dialogue National s'est bien passé. Je suis déjà prêt pour la soirée de gala. Vive notre grand pays le Cameroun et son illustre chef le Président Grand Humaniste Paul Biya qui vient d'ordonner l'arrêt des poursuites en faveur de ceux qui sont poursuivis pour des DÉLITS en relation avec le crise dite anglophone. », écrit Me Momo Jean De Dieu, alias Fo'o Dzakeutonpoug sur son compte Facebook.

Pour le SGA du comité central du RDPC, le Chef de l'Etat a montré qu'il est père à l'écoute de ses enfants. « Merci Monsieur le Président de la République pour cette décision qui touche tous nos cœurs et qui comble de joie tous les camerounais, en ce moment historique où le Grand Dialogue National se tient à votre initiative ! Merci d'avoir démontré une fois de plus que vous êtes un père toujours à l'écoute de ses enfants, un Chef d'Etat toujours à l'écoute de son peuple », écrit Grégoire Owona sur les réseaux sociaux.

Le CL2p (Comité de Libération des Prisonniers Politiques), espère que la fin des poursuites judiciaires décrétée ce jeudi 03 octobre 2019 par le président Biya pour 333 détenus d'opinion anglophones - après celle des 289 libérés le jeudi 13 décembre 2018 - participe de la réelle volonté de son régime répressif d'œuvrer en faveur d'un retour définitif à la paix au Cameroun, à travers notamment le dialogue inclusif que nous appelons toujours de nos vœux. Il s'agit incontestablement d'un bon petit pas dans la bonne direction, en attendant la libération de tous les prisonniers politiques camerounais, anglophones et francophones confondus

En venant ici au dialogue, on avait dit qu'il fallait libérer tous ces gens. Il y en a encore un millier qui sont en prison. J'ose croire que dans les jours à venir, ils feront partie de nouvelles mesures. Là, il y a des arrêts de poursuites, il y en a qui sont déjà condamnés, donc on attend de voir ce qu'il va se passer confie Joshua Osih, vice-président du parti SDF au micro de RFI

Pour Joseph Dion Ngute, Premier ministre du Cameroun, le président de la République, "constitutionnellement parlant, il a le privilège de pouvoir arrêter des poursuites s'il juge que l'arrêt de ces poursuites va dans l'intérêt de l'État. Et c'est ce qu'il vient de faire. C'est pour démontrer sa bonne foi"

Je suis content, je me sens un peu fier.333 Anglophones vont être libres. C'est une bonne nouvelle pour eux et leurs familles.Je sais que nous avons toujours eu raison. Nous avons raison de dire la vérité; de crier la vérité. Rien est fait, mais chaque brin de liberté retrouvée pour tous ces hommes et femmes est un plaisir, écrit René Nguene sur sa page facebook

Pour Maximilienne Mbe, la secrétaire exécutive du REDHAC (Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale) "Lorsque le REDHAC preuve à l'appui a démontré que 175 personnes arrêtées dans le cadre de la crise au NOSO, et en prison à Kondengui n'ont jamais vu le juge d'instruction, et qu'il fallait simplement les libérer, lorsque le REDHAC a dit que plus de 1000 personnes dont la moyenne d'âge est de 25 ans ont leurs dossiers pendants devant les tribunaux militaires, et que c'était inadmissible de broyer une jeunesse qui exprime un mal-être profond, les GRIOTS INTÉGRAUX sont venus nous dire que se sont les sécessionnistes et les terroristes. J'espère qu'ils ont écouté la radio hier.M. Le président 333 personnes c'est déjà ça, mais ce que le REDHAC vous demande c'est de les libérer tous, y compris le pr. Kamto, ses alliés, ses camarades et les autres 8 jeunes dont Jules ANAMA et cette étudiante , IL Y A AU MOINS ENCORE 2000 PERSONNES A LIBÉRER. VOUS NE POUVEZ PAS FAIRE ÇA EN COMPTE GOUTTE.

Le Bâtonnier Akeré Muna tire un coup de chapeau à Paul Biya. « Je viens d'apprendre que le Président Paul BIYA a mis un terme aux poursuites engagées contre 333 personnes arrêtées et accusées de délits commis dans le contexte de la crise du Noso. Je salut ce geste qui contribuera à la guérison de notre #nation. Vivement que ça commence ! », déclare Akere Muna sur twitter.

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