Afrique de l'Ouest: Chassé au Bénin, SECURIPORT mène la bamboula et la guillotine à l'aéroport Blaise Diagne

Selon des investigations de Confidentiel Afrique, la situation du personnel de SECURIPORT, nom de l'entreprise américaine chargée d'assurer la sécurité aéroportuaire, se dégrade à une vitesse exponentielle. Un véritable supplice qu'inflige le tandem Luc Keppens et Teddy Beaulieu, aux manettes de fournaise aux quelques 20 agents (sur la quarantaine opérant sur l'ensemble du territoire national) qui officient sur la plateforme AIBD (Aéroport International Blaise Diagne de Dakar).

À l'évidence, SECURIPORT qui a été chassé comme des malpropres au Bénin, suite à la résiliation de leur marché par les autorités de Cotonou, depuis l'avènement du Président Patrice TALON, impose avec affliction son diktat tout azimuts sur les travailleurs malmenés et mal lotis depuis le transfert de ces derniers de l'aéroport Léopold Sedar Senghor de Yoff à l'AIBD qui remonte à décembre 2017.

Plusieurs sources renseignent que l'actuel directeur général de SECURIPORT, le belge Luc Keppens, dont on dit presque à la retraite, parachutée de surcroît à Dakar et son principal acolyte, Teddy Beaulieu, en sa qualité de Directeur Technique, ont décidé de fermer leurs yeux et de ne rien comprendre sur les revendications légitimes des travailleurs.

Contrairement aux clauses du cahier de charges liant l'État du Sénégal à l'entreprise SECURIPORT. À l'évidence, soutiennent nos sources, la direction de SECURIPORT n'entend pas prendre en compte les primes de déplacement du personnel dû au transfert de l'ancien lieu de travail ( la plateforme Léopold Sedar Senghor) vers la nouvelle plateforme aéroportuaire AIBD de Diass. Un droit absolu que revendiquent les travailleurs de l'entreprise.

L'ancien Directeur Général Frank Dour, poussé à la sortie injustement

Selon des informations crédibles parvenues à Confidentiel Afrique, durant ses investigations, la situation des travailleurs a commencé à se détériorer, après le départ le 13 Mai 2019 du jeune français Frank Dour, précédemment Directeur Général de SECURIPORT. Frank Dour, "injustement" poussé à la sortie et victime d'une cabale absurde, est décrit comme un dirigeant socialement correct. À l'opposé, de l'équipe actuelle, du moins le tandem Luc Keppens-Teddy Beaulieu.

Des informations en notre possession confirment que Frank Dour après avoir couvé et protégé le français Teddy Beaulieu, pourtant, pas trop porté sur la rigueur professionnelle, a finalement été défenestré. Pour quelles raisons? La décision de faire partir Frank Dour, qui a réussi avec brio, informent nos sources son immersion, serait liée à une cabale concoctée dont les ficelles ont été tirées depuis le siège de SECURIPORT à Washington.

Son départ a fait sauter le verrou du climat bon enfant au sein de l'entreprise. Frank Dour est présenté comme étant l'un des Directeurs généraux de l'entreprise le plus "sénégalisé". C'est à la suite de la défenestration de Frank Dour, que le vieux belge Luc Keppens a posé ses valises à Dakar. Avec en prime, un Teddy Beaulieu, qui prend subitement du galon, renforce ses pouvoirs et redore son maroquin.

Bamboula ostentatoire et posture affligeante à haute voltige de Teddy Beaulieu et Luc Keppens

Alors que la vingtaine d'agents officiant à l'AIBD prennent en mal leur calvaire (sans primes de transport, absence de subvention de restauration et refus de renouvellement des allocations de tenues de travail), Teddy Beaulieu et Luc Keppens se la coulent douce. Payés gracieusement à des salaires astronomiques (on parle de 14 millions de FCFA pour le Directeur Général Luc Keppens), les deux tourtereaux expatriés font la pluie et le beau temps et imposent leur loi sur les travailleurs sénégalais. Sans sourciller de leurs conditions de travail dégradantes.

Selon nos informations, SECURIPORT est la seule société sur toute la plateforme aéroportuaire de DIASS à ne pas accorder une subvention de restauration à son personnel. Idem pour les primes de transport, jusque-là non pas été intégrées dans le traitement salarial des travailleurs sénégalais. Une véritable galère.

Alors que Teddy Beaulieu mène depuis le départ de Frank Dour, lui, une vie débordante de prince et écrase sur tout ce qui bouge. On parle d'un dirigeant à la posture affligeante de petit "colon" qui n'en fait qu'à sa tête. Il nous revient même que ce dernier mettrait en avant une stratégie bien huilée de division entre les employés de SECURIPORT. Il promeut à tout de go, qui il veut, pourvu simplement de sécuriser ses arrières et d'être à sa solde.

En petit prince, Teddy Beaulieu qui a décidément l'oreille du Directeur Général, le belge Luc Keppens entretient des rapports conflictuels avec la majorité des agents aux statuts d'Assistants et de Coordinateurs. Si au Sénégal, SECURIPORT se permet de mettre la pression sur ses travailleurs aux allures de "foutoir", au Bénin, les dirigeants de l'entreprise dont le Directeur Exécutif Enrique Sequra, devront faire face aux autorités judiciaires de la Brigade économique et financière (BEF) de Cotonou. Nous le précisons dans notre enquête, que SECURIPORT avait perdu son contrat de sécurité depuis l'élection du Président beninois Patrice TALON au profit d'une autre société de sécurité privée locale.

75 milliards FCFA de Chiffre d'affaires

Selon des informations de Confidentiel Afrique, SECURIPORT Sénégal fait partie des plus florissantes du Groupe américain de sécurité en Afrique. Des sources autorisées obtenues par Confidentiel Afrique, font état d'un chiffre d'affaires engrangé fin 2018 de 75 milliards de FCFA (soit 115 millions d'euros) tiré de ses prestations sécuritaires sur l'ensemble des sites où elle opère ( AIBD, Port de Dakar, les postes frontaliers Keur Aib, Karang, Rosso Sénégal, Gokhou Bathie, Cap Skiring et Kidira non encore opérationnel ).

Avec autant d'argent qui tombe dans l'escarcelle de l'entreprise, la situation intenable que vit le personnel de SECURIPORT, depuis leur déménagement à AIBD relève d'une absurdité outrancière, renseignent des sources consultées par Confidentiel Afrique. Selon des statistiques en notre possession, chaque passager voyageur empruntant le terminal de DIASS est facturé à 12 Euros (7000 FCFA). Le flux du trafic-passager hebdomadaire oscille entre 25000 et 30 000 passagers. Une manne financière pour SECURIPORT qui peut se frotter les mains.

Silence inquiétant du DGA, représentant les intérêts de l'État sénégalais

Le grand hic bouleversant de ce que l'on pourrait appeler désormais l'empire SECURIPORT, est le silence entretenu par l'actuel Directeur Général Adjoint, le sénégalais Abdoulaye NIANG, un ancien haut responsable de l'OCTRIS. Ce dernier siège au Conseil d'Administration de SECURIPORT au nom de l'État.

Ce dernier censé défendre les intérêts de ses concitoyens et veiller sur l'écosystème pour informer l'État, qui l'a mandaté, n'a pas levé jusque là le moindre doigt sur ces agissements affligeants du duo Luc Keppens-Teddy Beaulieu envers les travailleurs de SECURIPORT afin d'arrêter ce supplice qui perdure.

Une source de nous souffler, que tous les hauts responsables de SECURIPORT sont bien au courant des pratiques des expatriés, mais ont décidé de ne piper mot et de ramener à la raison Teddy Beaulieu, lequel a les pieds au ciel. Selon nos informations, le Commissaire Spécial de l'Aéroport Diass, nommé à d'autres fonctions, ce mercredi, sait un bout de choses. A-t-il remonté les informations vers l'autorité hiérarchique, le ministère de l'Intérieur. Pour arrêter cette escalade, l'État doit ouvrir immédiatement une enquête à SECURIPORT pour comprendre ce qui se passe et éviter ce "boulet social" qui peut éclater à tout moment.

Les trois ministères compétents qui agissent directement sur la plateforme aéroportuaire de DIASS (Ministère de l'Intérieur, Ministère des Transports Aériens et Ministère du Tourisme) sont interpellés et doivent agir vite pour ne pas fragiliser la plateforme de DIASS, un des fers de lance du Plan Sénégal Émergent, porté avec fière chandelle par le Président Macky SALL depuis son avènement en 2012 au pouvoir.

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