Afrique Centrale: Pont Brazzaville\Kinshasa - Les voies d'accès à l'étude

Le ministre de l'Equipement et de l'entretien routier, Emile Ouosso, a reçu, le 3 octobre à Brazzaville, une délégation de la Banque africaine de développement (BAD) dans le cadre du projet d'aménagement des voies d'accès au pont-route-rail devant relier les capitales des deux Congo.

La délégation qui séjourne dans la capitale congolaise depuis le 30 septembre a pour mission de fixer, avec les autorités des deux pays, les composantes et les coûts du projet en fonction des activités retenues ainsi que les modalités pratiques de sa mise en œuvre.

Cette mission d'évaluation permettra de déterminer avec plus de précision les tronçons à aménager.

Estimé à cinq cent cinquante millions de dollars, ce projet permettra de relier, par un pont route-rail, Kinshasa et Brazzaville. La BAD contribuera à hauteur de deux cent dix millions de dollars pour raccorder ces deux capitales les plus proches au monde, séparées par le fleuve Congo, large de 4 km.

Pour amortir les coûts, il a été demandé aux Etats bénéficiaires de financer le projet d'aménagement des voies d'accès ou de recourir à un partenariat privé pour financer l'ouvrage et les accès routiers afin de rendre, à terme, accessible la taxe de passage aux usagers.

L'idée est de permettre l'attractivité du projet. « Il a été décidé que les pays financent ces accès routiers. Nous sommes donc en mission d'évaluation pour déterminer les sections qui feront l'objet d'aménagement pour également nous entendre sur les études techniques préliminaires qu'il faudrait réaliser avant de passer en phase de travaux», a déclaré Augustin Karanga, le chef de mission de la BAD.

« Comme la réalisation du pont se fait en partenariat public privé, si on doit aussi faire porter à ceux qui se chargeront de financer le projet les voies d'accès, le projet risque de revenir très cher.

Cependant, on demande aux Etats de faire un effort. A l'Etat congolais de pouvoir financer ou rechercher les financements pour construire les 27 km afin de les raccorder à la voies d'accès au pont », a signifié Blaise Onanga, directeur général de l'Entretien routier. Il a souligné que dans le cadre du partenariat public-privé, Africa 50 se charge de mobiliser les fonds pour la construction de cet ouvrage.

Un projet intégrateur pour le continent

Cette importante infrastructure est un vieux projet de l'Union africaine conçu dans le cadre du nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique dont l'objectif est d'accompagner l'intégration continentale.

Ainsi, pour rendre ce projet intégrateur, il est prévu l'aménagement des voies d'accès au pont-route-rail, dont les voies de contournement pour faciliter la circulation des véhicules. Du côté de Kinshasa, 6 km 800 de voies d'accès devront être aménagés et 3 km 200 du côté de Brazzaville.

Mais l'Etat congolais peine encore à maîtriser le financement pour la réhabilitation des 23 km de voies de contournement, contrairement à la République démocratique du Congo (RDC) qui saura trouver sans trop de difficultés, le financement pour réaliser les 30 km de voies de contournement, en raison de son éligibilité au Fonds africain de développement (FAD).

« Les 3 km 200 du côté du Congo restent tout au moins distants de 27 km de Yié, qui est le carrefour de la route qui revient de Pointe-Noire. Du côté RDC, les 6 km 800 arrivent juste à leur route nationale n°1. Si un véhicule de transit quitte l'Afrique de l'est, arrivé à ce niveau, sera contraint de négocier le passage à travers la ville de Kinshasa. Ce qui, à la limite, n'est pas normal. Ce véhicule sera confronté à beaucoup d'embouteillage. D'où, au niveau de Kinshasa, il est étudié une voie de contournement de 30 km qui sera reliée à la route de Matadi. Il sera donc plus facile pour les véhicules de prendre cette voie pour joindre l'Afrique de l'est ou du Sud », a expliqué Blaise Onanga.

Le secteur privé à impliquer dans l'exploitation de l'ouvrage

Dans le cadre de la transaction du partenariat public-privé, un accord gouvernemental est en cours de maturation. Les deux pays doivent, suivant les accords, s'entendre sur les différentes modalités qui vont régir la concession à faire au secteur privé non seulement pour le financement mais aussi pour l'exploitation et la maintenance des ouvrages. Il s'agira enfin pour les deux pays de s'entendre sur les processus à mettre en œuvre en vue de sélectionner des entreprises et des missions de contrôle qui travailleront à l'exécution de ces ouvrages.

« Mais j'indiquerai que le projet de l'ouvrage entre dans le cadre d'une transaction en partenariat public-privé au sens où les investisseurs privés seront mobilisés pour prendre part au financement de l'ouvrage, à l'exploitation et à l'entretien de l'ouvrage aux côtés des Etats, aux côtés d'autres bailleurs de fonds multilatéraux, bilatéraux qui voudraient participer au financement de l'ensemble de l'infrastructure », a indiqué Augustin Karanga, à l'issue de la rencontre.

Concernant les accès routiers, la première phase consiste à mener un ensemble d'études techniques préalables avant d'envisager l'exécution des travaux prévue en 2020. Seul problème, le financement. Le Congo n'étant pas éligible au FAD, en dépit de l'accord avec le Fonds monétaire international, ne pourrait pas donc bénéficier d'un appui financier. Dans le souci de faire avancer le projet, le Fonds fiduciaire a consenti de faire un don de 2,5 millions de dollars au Congo pour financer les études complémentaires.

Il sied de rappeler qu'en juillet dernier, une mission de la BAD a séjourné à Brazzaville dans le cadre de la construction du pont et ses accès, sans oublier les différents projets en co-financement et d'autres en attente de financement. Quant à la présente mission, elle s'achèvera le 5 octobre.

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