Angola: Cinq cent mille migrants clandestins expulsés

Les expulsions ont lieu dans le cadre d'une opération de lutte contre le trafic de diamants.

"Les autorités ont rapatrié 527 725 immigrants illégaux, fermé quatre-vingt-seize coopératives illégales de diamants, quatre projets miniers et 289 maisons d'achat de diamants", a affirmé le ministre d'Etat à la présidence, Pedro Sebastiao.

Au moins trente-cinq mille carats de diamants auraient été saisis lors de l'opération baptisée Transparence, lancée en septembre 2018. Une action visant à lutter contre l'exploitation minière et l'immigration clandestine dans le pays. Le gouvernement angolais a justifié cet acte par la nécessité de restructurer le secteur clef du diamant, où opèrent illégalement, selon Luanda, de nombreux étrangers. En mai 2018, il avait annoncé vouloir instaurer des règles "plus strictes" pour la vente des pierres.

L'objectif est de mieux contrôler le marché et les énormes revenus qu'il est susceptible d'engendrer. La pêche illégale et le trafic de drogue sont eux aussi visés. Au total, trois cent cinquante-six bateaux de pêche ont été saisis.

"Mauvais traitements"

Dans un rapport, Human rights watch (HRW) avait soupçonné les autorités de "mauvais traitements" dans le cadre de cette opération, mais Luanda a toujours nié toute exaction. "Les forces de sécurité angolaises et des jeunes de l'ethnie Tshokwe alliée au gouvernement ont tué par balles au moins six Congolais (...) dans la province de Lunda Norte, frontalière de la RDC", affirmait l'ONG, citant l'ONU. "Le nombre exact des victimes est très probablement plus élevé", ajoutait-elle.

Les réfugiés expulsés, apparemment des Congolais pour la plupart, arrivaient dans leur pays "totalement démunis". La République démocratique du Congo avait fait part de "toute son indignation et de ses vives protestations". L'Angola, deuxième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, et l'un des principaux producteurs au monde de diamants. Le pays a été frappé de plein fouet par la chute des cours du brut en 2014. Le pétrole fournit 70% des revenus de l'Etat. En prenant les rênes du pays en 2017, Joao Lourenço avait promis un "miracle" économique, lequel tarde cependant à se concrétiser.

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

Plus de: Les Dépêches de Brazzaville

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.