Cameroun: Le dialogue national opte pour la décentralisation

Un statut spécial sera accordé aux régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, mais en écartant le fédéralisme réclamé par des leaders anglophones. L'idée d'une partition du Cameroun a été aussi rejetée à l'unanimité.

Ce vendredi 4 octobre a été le dernier jour du grand dialogue national avec pour principale résolution, une décentralisation approfondie. C'est ce qu'ont proposé les délégués pour résoudre la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Débats houleux

Au terme de débats houleux, la Commission décentralisation et développement local, présidée par Ngole Philip Ngwesse, a estimé que le fédéralisme n'est pas la solution et a jugé préférable un approfondissement de la décentralisation.

"En rapport avec les sujets abordés, la commission formule les recommandations suivantes : l'octroi d'un statut spécial aux régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en application de l'article 62 alinéa 2 de la constitution Camerounaise, l'allocation d'une dotation spéciale à chacune des communes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, destinée à assurer le redémarrage des activités, la mise en place des régions dans les meilleurs délais possibles, la suppression du statut du délégué du gouvernement nommé... "

Entre déception et satisfaction

Une grosse déception pour plusieurs ressortissants de ces deux régions à l'instar de Ni John Fru Ndi, du Social democratic front, qui estime encore que le fédéralisme est mieux adapté à l'histoire du Cameroun.

Pour d'autres, c'était plutôt une satisfaction dans l'ensemble.

Kennedy Tumenta est expert en développement éthique et entrepreneurial, il représentait la diaspora lors de ces assises. Pour lui, le statut accordé aux deux régions va dans le bon sens.

"Le mot fédéralisme n'était pas à l'ordre du jour mais je suis très content qu'on ait compris qu'il y a une spécificité des régions anglophones, notamment le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Et c'est pour cela que nous avons demandé qu'on nous accorde un statut spécial. A travers celui-ci, on peut mieux définir le mode de gouvernement et d'opération dans ces zones. Il faut passer à l'action pour mettre en œuvre ces recommandations."

Le rapport général des travaux des huit commissions reste toutefois encore inaccessible pour le grand public.

Pour cause : Eneo, la société de distribution de l'énergie électrique, a décidé de "s'inviter" dans le dialogue en plongeant la ville de Yaoundé dans le noir et en rendant ainsi impossible toute publication en ligne.

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