Burkina Faso: Statut dérogatoire des médias publics - Le SYNATIC attend un « contenu clair »

Les responsables du Syndicat autonome des travailleurs de l'information et de la Culture (SYNATIC) ont animé, le vendredi 4 octobre 2019 à Ouagadougou, une conférence de presse sur le processus de passage des Editions Sidwaya et de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB) au statut de société d'Etat. A l'étape actuelle, le syndicat « peut accepter un statut dérogatoire au contenu clair et répondant aux préoccupations des travailleurs ».

Le syndicat autonome des travailleurs de l'information et de la culture (SYNATIC) a réagi à la « campagne de désinformation de l'opinion publique » à laquelle se livrerait le ministre en charge de la Communication qui présente, « comme impossible », le passage des Editions Sidwaya et de la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB) au statut de sociétés d'Etat.

Au cours d'une conférence de presse animée, le vendredi 4 octobre 2019 à Ouagadougou, les responsables du syndicat ont fait le point du processus de mutation, de l'accord de décembre 2016 en passant des « interminables études préalables » à la recommandation de la commission mixte interministérielle d'effectuer le passage à la société d'Etat avec l'ensemble du personnel et l'accompagnement de l'Etat.

Recommandation que le ministre « omet sciemment », lors de ses sorties médiatiques, d'après la secrétaire à l'information du SYNATIC, Nadège Yé.

Pour les conférenciers, malgré le manque de volonté manifeste du gouvernement d'honorer ses engagements, le syndicat a été de bonne foi en restant disposé au dialogue, repris à la faveur de l'action de médiateurs autosaisis.

Après des séances de travail, la partie gouvernementale devait, le 2 octobre dernier, livrer le contenu d'un statut dérogatoire qu'il propose, a confié le Secrétaire général (SG), Siriki Dramé. Mais rien n'a été fait à cette date, a-t-il déploré, insistant sur le « non-respect » de la parole donnée du gouvernement.

« Le SYNATIC peut accepter un statut dérogatoire, mais il faut que son contenu soit clairement défini par écrit, satisfasse aux préoccupations des travailleurs et soit assorti d'un chronogramme clair de mise en œuvre », a signifié le SG, indiquant qu'en 2016, son organisation avait suggéré ce statut qui fut refusé.

Ce qui, a-t-il ajouté, ne signifie pas un rejet en bloc de toutes les propositions du gouvernement, « faites oralement et qui ne peuvent être prises pour argent comptant ». Répondant à une question relative aux points d'achoppement, Siriki Dramé a martelé que le syndicat n'est pas dans la logique du blocage.

« Le public sait que la lutte est juste »

« C'est le gouvernement qui ne joue pas franc-jeu », a-t-il avancé. Et un autre conférencier, Arouna Boéna, d'ajouter que si l'exécutif veut la fin de la crise dans une semaine ou dix jours, c'est possible.

Au sujet de velléités de prendre un nouveau décret spécifique aux médias publics, la secrétaire à l'information du SYNATIC a averti : « Si l'administration veut prendre un décret réaménageant les horaires de travail, on l'attend ».

Relativement à un certain succès de la « campagne de désinformation », le SG Dramé a été ferme : « Il y a des opinions que nous qualifions de vuvuzela, dont les auteurs sont payées à cet effet... Nos auditeurs, téléspectateurs et lecteurs savent que notre lutte est juste ».

S'agissant des accusations selon lesquelles un agent de la RTB a soutiré un appareil pour causer un dysfonctionnement, les conférenciers ont informé que de telles allégations avaient eu lieu en 2016 et que si c'était avéré les auteurs seraient arrêtés.

Le « piratage » de la RTB lors du sommet de la CEDEAO sur la lutte contre le terrorisme, tenu à Ouagadougou, s'est aussi invité aux échanges. « Nous avons saisi le Conseil supérieur de Communication d'une plainte avec ampliation à l'Autorité de régulation des Communications électroniques et des Postes. Nous attendons de voir.

Si le ministre de la communication dit assumer, cela n'engage que lui. Mais la question est : doit-on délivrer une fréquence frauduleusement à une personne même si c'est l'Etat ? », s'est interrogé le SG. La lutte continue, d'après les conférenciers.

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