Congo-Kinshasa: CGND-Protocole de Maputo - Les congolais appelés à bien comprendre l'avortement sécurisé, sûr et légal

Visiblement, la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées (CGND) ne cesse d'affûter des stratégies et apporter tous les éléments nécessaires pour une bonne compréhension de l'article 14 alinéa 2 point C du Protocole de Maputo qui favorise les femmes à un accès au service d'avortement sécurisé, sûr et légal en cas de viol, d'inceste, d'agression sexuelle et celles dont les grossesses menacent leur santé physique et mentale, leurs propres vies ou celle de leurs fœtus.

En vue d'élaguer toutes les zones d'ombre, le jeudi 3 octobre 2019, au Pullman Kinshasa, la CGND a organisé, en marge de la journée internationale de la dépénalisation de l'avortement, une journée de réflexion sur la mise en œuvre de l'article 14 du Protocole de Maputo en République démocratique du Congo. Cette activité a connu la présence de plusieurs membres du Gouvernement R.D.Congolais notamment, la Ministre d'Etat en charge du Genre, Famille et Enfant, du Ministre d'Etat en charge de la Communication et Médias et du Ministre des Droits Humains et plusieurs structures tant nationales qu'internationales œuvrant dans le domaine de la promotion, protection et défense des droits de la femme, en général, et droits de la santé sexuelle et reproductive, en particulier.

En tant que société civile qui regorge des partenaires techniques et financiers, la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées a, via son Secrétaire exécutif, Docteur Moïse Mbila, laissé entendre que la question de la mise en œuvre de l'article 14 du protocole de Maputo est et reste la responsabilité du Gouvernement congolais. D'où, il a salué l'engagement du Gouvernement en adhérant sans réserve, par la signature du Chef de l'Etat, le 9 juin 2008, et en publiant le Protocole de Maputo dans le Journal officiel. Ce qui signifie que toutes les dispositions étayées dans le Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits de la Femme en Afrique signé à Mozambique, à Maputo sont opposables à tous eu égard à la suprématie des lois internationales sur les lois nationales.

«Cette question de la mise en œuvre du Protocole de Maputo est une question du Gouvernement. Et donc, nous, en tant que société civile, en tant que partenaires techniques et financiers, nous devons donc nous aligner pour soutenir le Gouvernement dans sa politique, souscrite ensemble avec les autres Etats d'Afrique», précise-t-il. C'est dire que pour éviter toutes les interprétations erronées de l'article 14, il est impérieux de vulgariser, au vrai sens du terme, le Protocole de Maputo car, toute personne a droit d'exprimer ses droits les plus fondamentaux.

Pour ce faire, en sa qualité de présidente du Comité Technique spécialisé de l'Union Africaine sur le Genre et l'autonomisation de la Femme, Béatrice Lomeya attend promouvoir, sans réserve, le Protocole de Maputo sur toutes les couches de la population congolaise.

S'agissant de la réduction de la mortalité maternelle, Béatrice Lomeya, actuelle Ministère du Genre, Famille et Enfant, n'a pas mâché les mots pour saluer les efforts conjugués par ses prédécesseurs, particulièrement en matière de la Santé sexuelle et Reproductive. Ainsi, elle fait les vœux d'emboîter les pas en promouvant la continuité de la lutte pour le bien-être de la femme congolaise.

"Le Gouvernement de la République reconnaît aux femmes le Droit d'accéder à l'avortement médicalisé selon les indications reprises dans l'article 14 du Protocole de Maputo, et pour ce faire, il faudra disposer des normes et directives qui définissent les conditions dans lesquelles un avortement médicalisé peut être fait. Cela viendra compléter utilement la note circulaire du Conseil supérieur de la magistrature émise à cet effet depuis le mois d'avril 2018», a souligné Béatrice Lomeya tout en saluant le partenariat exemplaire entre l'Ong internationale Ipas et la cellule d'Etude et planification de promotion de la femme, de la famille et de la protection de l'enfant, structure spécialisée de son Ministère.

S'agissant des normes et directives pour la mise en œuvre de l'article 14, la Directrice Générale du Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR), Lys Lombeya a souligné que : «le comité de rédaction, avec l'appui de plusieurs partenaires, a commencé depuis 2018, sur base des normes de l'Organisation Mondiale de la Santé, à rédiger les normes et directives des soins complets d'avortement centrés sur la femme. D'ailleurs, un draft existe déjà. Car, l'avortement médicalisé peut être réalisé, soit dans un centre de santé spécialisé et par un prestataire formé et qualifié.

Evidences

Il sied de souligner qu'à travers la mise en œuvre de l'article 14 du Protocole de Maputo, la RDC s'est engagée dans la lutte contre les avortements clandestins qui sont à la base du taux élevé de la mortalité maternelle. Car, nul n'ignore que certaines grossesses de viol, d'inceste, d'agression sexuelle etc. aboutissent à des avortements clandestins qui ont des conséquences qui vont à des infirmités (infections, stérilité secondaire, perforations utérus, hémorragie) et au décès.

Sur ce, la CGND qui regorge 8 ONG (ABEF-ND, Si Jeunesse Savait, Afia Mama, CAFCO, Pathfinder international, Care International, Médecin du Monde/France et RESCUE) s'est engagée à mener des plaidoyers pour le respect de droits de santé sexuelle et reproductive.

Innocent Buchu remporte le Prix Mongongo na Biso 2

Pour plus de vulgarisation des méthodes contraceptives, de planification familiale et la lutte contre les avortements à risque, la Coalition de lutte contre les grossesses non désirées (CGND) avait organisé un concours à l'intention de Cent-vingt journalistes de quatre provinces de la RD Congo. C'est durant six mois que ces journalistes ont été formés et soumis à ce concours dénommé «Mongongo na Biso 2» (notre voix, en français). Et, c'est seulement trois journalistes qui se sont distingués par leurs réalisations des émissions et l'écriture des articles de presse. Notamment, Innocent Buchu du Nord-Kivu qui a terminé à la première position. Il est suivi d'Alice Kajabika et d'Anne Mushigo, tous du Sud-Kivu. Ces derniers ont reçu leurs prix des mains de la Ministre d'Etat ministre chargée du Genre, Enfant et Famille, du ministre des Droits humains et du Ministre d'Etat ministre de la Communication et des Médias.

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