Burkina Faso: Insécurité dans le Bam - Du réconfort pour les déplacés de Kongoussi

Une délégation des ressortissants de la province du Bam, conduite par l'ancien président, Jean Baptiste Ouédraogo, était à Kongoussi, le jeudi 3 octobre 2019, pour apporter son soutien moral et financier aux déplacés installés dans la commune.

Les récentes attaques terroristes dans des villages de la province du Bam, faisant plusieurs morts, ont occasionné des déplacements de population vers la commune de Kongoussi. A la date du 2 octobre 2019, on dénombrait plus de 21 000 déplacés, selon les autorités.

La situation est préoccupante, tant il faut leur trouver des lieux pour se loger, mais aussi de la nourriture.

C'est pourquoi, une délégation des ressortissants de la province avec à sa tête l'ancien président, Jean Baptiste Ouédraogo, a effectué un déplacement à Kongoussi, pour apporter leur appui aux populations et aux déplacés.

Après une visite des différents sites d'accueil, la délégation a eu des échanges à bâton rompu avec la population de la commune et les déplacés internes.

A l'issue de la rencontre, une contribution financière de 2 550 000 FCFA a été remise au comité provincial de secours d'urgence pour la prise en charge de ces personnes.

Le chef de la délégation, Jean Baptiste Ouédraogo, a rassuré les déplacés que des secours viendront incessamment. « Faisons confiance à nos autorités.

Faisons preuve de patience, car rien ne saurait être fait dans la précipitation sous peine d'échec », a-t-il lancé à l'endroit des déplacés. Pour lui, la situation est préoccupante à tel point qu'eux, fils et filles de la province ne peuvent rester indifférents.

« Nous sommes devant vous, sans grand moyen, mais avec le cœur et la volonté de vous accompagner.

Nous sommes-là pour vous soutenir, pour communier avec vous, votre douleur, votre tristesse. Tous les ressortissants ont aujourd'hui, le regard tourné vers le Bam qui anime l'actualité avec les récentes attaques terroristes », a-t-il laissé entendre.

Il a enfin invité la population à s'unir et à se soutenir mutuellement. « De retour à Ouagadougou, nous harcèlerons qui il faut, pour que des décisions urgentes soient prises. Aucune autorité ne saurait rester indifférente face cette drame », a-t-il rassuré.

Et le ministre d'Etat, Siméon Sawadogo, fils de la province d'appeler également la population à l'union dans ces moments difficiles. « Vos frères et sœurs dans les autres villes sont de cœur avec vous. Ils travaillent ensemble pour trouver des solutions à vos problèmes », a-t-il signifié.

Il a enfin annoncé la tenue très prochaine d'une rencontre avec tous les leaders de la province pour discuter de la situation.

El Hadj Hamidou Sawadogo, déplacé venu de Zimtenga dans la province, a dit sa fierté de pouvoir rencontrer les fils de la province pour discuter de leur mésaventure. « Nous voulons juste retourner dans nos villages pour faire nos récoltes. Nous avons fui avec nous des personnes âgées, des handicapés.

Nous avons fui les attaques sans même pouvoir enterrer nos morts », a-t-il raconté. Il a traduit sa reconnaissance à la population de Kongoussi pour l'hospitalité inestimable et a invité le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour sécuriser leurs zones.

Une initiative privée pour soutenir les déplacés

Face l'affluence des populations venues des villages, un groupe de jeunes a développé une initiative saluée et accompagnée par de bonnes volontés. « Nous prenions notre petit déjeuner dans un kiosque.

Au regard de l'afflux massif des déplacés, nous avons décidé un jour, de nous cotiser pour préparer du riz surtout pour les enfants qui souffrent de faim. Aujourd'hui même, les grandes personnes sont servies », a relaté Lassané Zonga, membre du groupe.

Le vœu de Mme Rihanata Kinda, volontaire engagée dans la cuisine est qu'on vienne à bout du terrorisme pour que les déplacés puissent regagner leurs villages un jour. « Chaque jour, de 5h à 18h, nous préparons en moyenne 35 sacs de riz.

Malgré tout, certains repartent sans avoir à manger », a-t-elle regretté. Elle a lancé un appel à qui le peut et au gouvernement d'accompagner ces personnes qui sont dans le désespoir. « Ce sont nos frères et sœurs. Nous sommes obligés de l'aider », a-t-elle conclu.

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