Ile Maurice: Élections générales - Campagne éclair comme en 2000

Pravind Jugnauth a utilisé le même stratagème que Navin Ramgoolam en 2000. En effet, si le Premier ministre (PM) a dissous le Parlement hier, 6 octobre, pour tenir des élections générales le 7 novembre, l'ancien PM avait lui mis un terme au mandat des députés le 11 août 2000 et opté pour un scrutin le 11 septembre. Comme ce dernier, le Premier ministre a voulu prendre l'opposition de court alors qu'il était fin prêt pour un affrontement, avec la possibilité que le programme gouvernemental ait été déjà rédigé avec l'assistance indirecte de certains fonctionnaires.

Le timing de Navin Ramgoolam en 2000 devait toutefois lui jouer un mauvais tour car personne dans son équipe n'avait prévu la concrétisation in extremis d'une alliance entre le Mouvement militant mauricien (MMM) et le Mouvement socialiste mauricien (MSM). Qualifiée d'alliance «à l'israélienne», elle annonçait un mandat premier-ministériel de trois ans pour sir Anerood Jugnauth et le poste de n°1 du gouvernement à Paul Bérenger à partir de 2003.

Cette alliance de 2000 se révéla très productive. Contrairement à l'alliance Parti travailliste/MMM de 2014, qui démotiva un grand nombre de partisans travaillistes opposés à ce que Paul Bérenger accède aux fonctions de Premier ministre pour un mandat de cinq ans et provoqua l'hostilité de nombreux militants au point où Paul Bérenger lui-même avait failli se faire battre au n°19.

Intérêts particuliers

Les partisans du MSM et ceux du MMM avaient des intérêts particuliers en soutenant cette alliance. Ceux du MSM croyaient qu'en occupant en premier le poste du n°1, SAJ ne tarderait pas à révoquer Paul Bérenger, mettant ainsi fin un terme à ses ambitions premier-ministérielles. Donc, aucun danger que «pouvwar sap dans la min» avec cette alliance. Or, sir Anerood Jugnauth et le MSM honorèrent leur engagement envers le leader mauve.

À ces mêmes élections, les partisans du MMM furent fortement motivés pour soutenir l'accord avec le MSM car, pour la première fois, une grande alliance offrait le poste de Premier ministre à leur leader. En 1982, il fut le n°3, SAJ et Harish Boodhoo occupant les deux premières places ; en 1991 le n°2 de SAJ et en 1995 le n°2 de Navin Ramgoolam. Motivation différente des partisans orange et mauves mais ils donnèrent une large victoire à l'alliance MSM-MMM.

Navin Ramgoolam ne pu utiliser avec succès les avantages qu'il détenait au moment de la dissolution. À la proclamation des résultats, le 8 novembre, les Mauriciens auront l'occasion de passer un jugement sur la finesse de la manoeuvre de Pravind Jugnauth.

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