Sénégal: Démolition de logements - Les habitants de Ngalléle Nord extension et Bango sud dans tous leurs états

Les autorités de la région de Saint-Louis ont procédé hier, lundi 7 octobre, à la démolition des habitations construites au niveau de la zone de Ngallèle Nord extension et Bango Sud. Cette opération serait organisée par la mairie de Saint-Louis, en liaison avec l'exécutif notamment la Préfecture de Saint-Louis.

Plusieurs maisons furent démolies en présence des Forces de défense et de sécurité composées des gendarmes et des policiers qui avaient très tôt quadrillé la zone. Plus de 200 pères de familles seraient impactés par cette opération de démolition.

La colère, la tristesse et la désolation constituent les sentiments qui animaient hier, lundi 7 octobre, les populations de la zone de Ngallèle Nord extension et Bango Sud, après s'être vues très tôt et complètement quadrillées par les éléments des Forces de défense et de sécurité au réveil.

Il s'agit, en effet, du démarrage de l'opération de démolition des habitations construites sur ce site situé à quelques encablures de l'aérodrome de Saint-Louis. L'État est déterminé à récupérer ses 114 hectares du Domaine national. Une mesure qui a plongé les habitants de ce site dans le désarroi total.

Venu apporter son soutien aux populations impactées qui l'ont interpelé sur la question, le responsable politique Abdourahim Kébé y a exprimé son indignation et sa désolation à l'égard des autorités de la région.

"C'est regrettable de voir les autorités notamment le gouverneur de région, le préfet du département et le maire de la ville, accompagnés d'une forte délégation d'éléments des Forces de l'ordre venir démolir ces maisons à l'aide de bulldozers. Et ça, ils l'ont fait sans sommation interpellative.

Et c'est là le problème", a martelé Abdourahim Kébé, tout en dénonçant un manque d'humanité de la part des autorités.

Les dégâts sont énormes, pour reprendre ainsi les propos du porte-parole du Collectif des populations impactées, Ibrahima Fall, qui a révélé même être dans l'incapacité d'évaluer le montant qui est en train d'être détruit.

"Ils ont eu à effectuer un recensement du 3 au 20 septembre dernier et ils ont pu recenser plus de 2000 chefs de familles dans ces lieux. Ces derniers ont englouti tout ce qu'ils avaient eu comme moyens dans ce milieu.

C'est à la sueur de nos fronts que nous avons viabilisé ce site, en y introduisant tout ce qui est commodité ayant trait à la vie moderne à savoir l'eau courante, l'électricité, le téléphone et nous avons aussi reboisé les principales artères. Aujourd'hui, ces autorités veulent récupérer ce milieu et s'en accaparer", a regretté Ibrahima Fall.

Et l'activiste Abdourahim Kébé de se demander où étaient réellement les services en charge du foncier tels que l'Urbanisme, le Cadastre, les Domaines, lorsque ces populations impactées construisaient leurs maisons?

Le site en question est un village traditionnel non loti, d'après Arouna Diop, un des habitants impactés. Tous ont déclaré en avoir marre du régime en place tout en criant à l'aide.

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Plus de: Sud Quotidien

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