Cameroun: Appel à un Plan Marshall pour reconstruire les régions anglophones

Photo: Human Rights Watch
Une maison du village d’Abuh (région du Nord-Ouest), au Cameroun, qui a été incendiée par les forces de sécurité le 19 novembre 2018.

Quatre jours après le dialogue national, le pouvoir de Yaoundé propose via un de ses cadres un plan Marshall pour reconstruire les régions anglophones avec l'aide financière de la communauté internationale.

Le président Paul Biya qui n'était plus sorti du Cameroun depuis les violents incidents de Genève, début juillet 2019, a quitté Yaoundé mardi (08.10.2019) sur invitation du président français Emmanuel Macron. Une visite, en marge de la conférence du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, au cours de laquelle les deux Chefs d'Etats ont prévu évoquer la mise en œuvre des conclusions du « Grand dialogue national » au Cameroun. Au même moment, le pouvoir de Yaoundé propose par la voix de l'un de ses cadres, un plan Marshall pour la reconstruction des régions anglophones.

Le Directeur des organes de communication du parti au pouvoir, le Rdpc, en même temps Directeur Général du palais des Congrès de Yaoundé où s'est tenu le récent Grand Dialogue National, est clair dans cet appel qui résume l'un des vœux actuels du gouvernement camerounais :

"La communauté internationale devra aussi, si elle aime le Cameroun, accompagner le Cameroun dans la reconstruction, imaginer, pourquoi pas, un plan Marshall pour les deux régions du Cameroun, et l'ensemble des régions du Cameroun qui elles aussi aspirent au bien-être. Le bien-être, c'est en fin de compte ce dont le peuple a le plus besoin.", a déclaré Christophe Mien Zok.

En parlant de la communauté internationale, le cadre du Rdpc pense d'abord à l'Union européenne, premier partenaire de coopération du Cameroun. Christophe Mien Zok affiche pour cela un mea culpa rare au régime de Yaoundé :

"Nous nous sommes fait du mal. La reconstruction ne se fera pas s'il n'y a pas d'abord réconciliation. C'est nous-mêmes qui avons détruit ce que nous avons si difficilement construit, avec nos maigres ressources. Ce n'est pas des gens qui sont venus de l'extérieur qui ont brûlé les hôpitaux, qui ont saccagé des écoles, qui ont vandalisé des routes. C'est nous-mêmes. Eh bien, nous-mêmes, nous devons faire les sacrifices pour reconstruire.", insiste-t-il.

L'appel à un Plan Marshall sera-t-il alors entendu ?

Déjà quatre jours avant la convocation du Grand Dialogue National, et on y trouve un lien de cause à effet. L'Onu avait octroyé un fond de 10 milliards de dollars pour un soutien au pouvoir de Yaoundé.

Du côté de l'Union européenne, on confie qu'il y a deux ans, l'organisation était à 32 milliards de francs Cfa liés à la lutte contre Boko Haram au Cameroun. Rien n'exclurait donc de nouvelles contributions, même si Yaoundé trouve que la communauté internationale durcit parfois un peu trop le ton.

Et pour le géo-stratège, Professeur Ntunda Ebode, il est évident que tout ne pourra pas facilement se mettre en place, à cause aussi de l'insécurité :

"Ceux qui luttent pour qu'un certain nombre de droits qui leur étaient intimement liés depuis le passage des britanniques peuvent déposer les armes. Mais on ne doit pas oublier qu'aujourd'hui, ce n'est plus seulement une affaire de sécessionnistes. Il y a des bandits, il y a des mercenaires, il y a des gens des gens qui se sont impliqués là pour se faire de l'argent. Mais c'est la communauté internationale qui l'a décidé de cette reconstruction.", estime Ntunda Ebode.

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