Afrique: Interdiction de la marche contre les bases militaires étrangères - Les organisateurs dénoncent une «dérive fascisante du pouvoir du MPP et alliés»

L'ODJ, le MBDHP, le collectif syndical CGT-B, les CDAIP, l'ABASSEP, le SYNAMUB, l'Association Kebayina des femmes du Burkina, le Manifeste pour la liberté, la CADDL, l'AESO, l'UGEB, organisent les 10, 11 et 12 octobre 2019, la 4ème édition des Journées anti-impérialistes (JAI) sous le thème : « Impérialisme et terrorisme en Afrique : Causes et perspectives pour les peuples en lutte pour leur libération nationale et sociale ».

Ces journées se tiennent dans un contexte marqué par l'approfondissement de la crise que traversent les néocolonies africaines.

Ces dernières années, cette crise a pris un tournant sécuritaire à travers notamment l'escalade des attaques terroristes dans la bande sahélo-saharienne (Burkina Faso, Mali, Niger).

Les Etats de cette zone, fragilisés par la domination impérialiste, sont aujourd'hui incapables d'assurer la sécurité de leurs territoires ainsi que des populations qui y vivent.

Ainsi, sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme, l'on assiste à une course au déploiement de forces et de matériels militaires des grandes puissances impérialistes au Sahel et dans d'autres régions d'Afrique.

La France, elle, dispose d'une base militaire permanente au Burkina qui lui permet de mener de façon autonome des opérations sur notre territoire.

Ce fut le cas en octobre 2014 avec l'exfiltration de Blaise COMPAORE ainsi que leurs différentes interventions dans les régions du sahel et l'Est du Burkina. L'armée américaine, quant à elle, a installé depuis 2010 un centre d'écoute et d'espionnage sur notre territoire.

Cependant, malgré cette forte présence militaire sur le continent, la situation sécuritaire ne s'améliore guère. Bien au contraire, elle se dégrade continuellement au point où des pans entiers des territoires échappent au contrôle des Etats.

Il ne pouvait pas en être autrement car cette présence militaire étrangère loin d'être la solution au problème sécuritaire, constitue un prétexte pour piller et soumettre les peuples.

La tenue de la 4ème édition des journées Anti-impérialistes (JAI) vise à contribuer à l'élévation du niveau théorique, idéologique et politique des participant-e-s par la création d'un cadre d'échanges sur les liens entre terrorisme et impérialisme en Afrique.

Les différentes activités prévues permettront de jeter un regard critique et militant sur l'impact des menées impérialistes sur la crise sécuritaire sur le continent avec en ligne de mire la dénonciation du terrorisme d'une part comme produit de l'impérialisme et d'autre part comme obstacle aux luttes d'émancipation des peuples d'Afrique.

C'est pourquoi au regard de l'importance de cette activité, les structures organisatrices appellent les populations de Ouagadougou et environnants à se mobiliser massivement pour faire de cette 4ème édition des JAI 2019 un franc succès. Aussi, cette activité connaîtra la présence des participant-e-s venant du Burkina, d'Afrique et d'Europe.

Toutefois, sous un prétexte fallacieux tenant à « la situation sécuritaire » et alors même que ce même MPP bat allègrement campagne en vue des prochaines élections présidentielles, à Ouagadougou et dans diverses autres localités du Burkina, sans se soucier d'une quelconque « situation sécuritaire », ou encore que d'autres structures ont été autorisées à organiser une manifestation de rue et occuper la place de la nation le week-end dernier, le maire MPP de Ouagadougou et alliés ont décidé d'interdire, et ce pour la deuxième fois consécutive en l'espace d'un mois, la marche que nous avions prévue d'organiser la samedi 12 octobre 2019, la jugeant « inopportune ».

Ne ratez pas ce que tout le monde regarde

A La Une: Burkina Faso

Plus de: Fasozine

à lire

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.