Sénégal: Réunion de l'Excom et segment de haut niveau sur l'apatridie - Me Malick Sall partage les engagements du Sénégal à Genève

Le Sénégal affiche sa détermination à lutter contre l'apatridie. Le Garde des Sceaux ministre de la Justice, Me Malick Sall, qui l'a réitéré à Genève (Suisse) où il participe à la 70ème session du Programme du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, hier lundi 7 octobre, a décliné les engagements pris par l'Etat pour lutter plus efficacement et plus décisivement contre l'apatridie au Sénégal.

«Mettre en place un cadre normatif, institutionnel et opérationnel, de détermination du statut d'apatride; adopter officiellement un Plan d'actions national de lutte contre l'apatridie; poursuivre le processus d'acquisition de la nationalité sénégalaise aux réfugiés vivant sur le territoire sénégalais.» C'est entre autres engagements pris par la Sénégal pour lutter contre l'apatridie. Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Me Malick Sall, participant à Genève (Suisse) à la 70ème session du Programme du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, a réitéré hier, lundi 7 octobre, la détermination de notre pays à combattre plus efficacement et plus décisivement ce fléau au niveau national.

Pour le Garde des Sceaux, «la vision universaliste des droits de l'homme implique qu'une protection juridique soit accordée à tout homme, par respect pour sa personne et sans considération de nationalité». C'est fort de cette conviction que les autorités au sommet de l'Etat dont l'action est fondée sur cet «humanisme», au nom de la «tradition d'hospitalité» du Sénégal (pays de la Teranga) ont pris ces engagements «en cohérence avec la politique du Sénégal fondée sur le respect de l'homme et de ses droits et marquée par une absence de discrimination, notamment en matière d'acquisition de la nationalité, fondée sur la race, l'ethnie ou la religion», précise le ministre de la Justice.

10 MILLIONS DE PERSONNES APATRIDES RECENSEES DANS LE MONDE DONT PRES DE 1 MILLION EN AFRIQUE DE L'OUEST

Selon Me Malick Sall, «en dépit de la reconnaissance de la valeur universelle du concept de droit de l'homme relative à la nationalité, le chemin est encore long pour atteindre l'idéal instauré par l'article 15 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. En effet, le droit pour chaque individu d'appartenir à l'Etat qui lui plaît ainsi que son droit à avoir une quelconque nationalité ne sont parfaitement garantis ni par le droit international ni par les droits nationaux.

Le droit à la nationalité reste encore tiraillé entre les aspirations universalistes et généreuses du droit international et les revendications nationalistes et égoïstes des Etats». C'est pourquoi il en appelle à une volonté politique manifeste pour permettre à des millions d'apatrides d'avoir une patrie. «Seule une volonté politique affirmée et une synergie déployée à l'échelle régionale et internationale permettront à des millions d'apatrides d'avoir une patrie protectrice et, en conséquence, le sentiment d'appartenance à un Etat.

Le Sénégal s'y engage et, si vous le permettez, vous y engage tous», déclare-t-il. Non sans rappeler qu'avec dix (10) millions de personnes apatrides à travers le monde dont près d'un (1) million en Afrique de l'Ouest, selon des estimations, l'apatridie est et demeure un problème actuel eu égard à sa recrudescence et à sa fréquence.

LA CAMPAGNE MONDIALE DU HCR INTITULEE «J'APPARTIENS», A L'EPREUVE

Me Malick Sall relève que «ces personnes vivent dans l'ombre, victimes de trafic et de discriminations de toutes sortes car se trouvant dans l'impossibilité de faire valoir leurs droits fondamentaux. Les personnes apatrides se voient refuser le droit le plus primaire qu'est celui d'appartenir à un pays et d'être protégées par celui-ci. Elles constituent la masse invisible d'hommes, de femmes et d'enfants sans aucune attache, sans existence juridique. Or comment vivre sans exister ? T

el est le dilemme cornélien auquel fait face l'apatride au quotidien.» D'ailleurs, à mi-parcours de l'échéance de la campagne mondiale intitulée «J'APPARTIENS» lancée par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), le 4 novembre 2014, et visant à éradiquer l'apatridie d'ici 2024, «malheureusement, le constat, amer, est qu'il n'y a pas d'avancées significatives», déplore le ministre sénégalais de la Justice qui a aussi présenté «le troisième rapport du Sénégal sur le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels».

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