Congo-Kinshasa: Young Congo biennale - De l'art contemporain à la portée des Kinois

L'événement va présenter des créations artistiques venues des quatre coins du monde sur cinq sites de Kinshasa, du 20 octobre au 21 novembre. Il est organisé sous la direction curatoriale de Vitshois Mwilambwe Bondo et Nicolas-Patience Basabose Rusangiza, qui en ont présenté les contours au cours de la conférence de presse tenue dans les locaux de Kin ArtStudio (KAS), le 8 octobre.

L'atelier du Kin ArtStudio, qui sert en ce moment de cadre à la résidence des artistes Simphiwe Butelezi, Pumulani (Afrique du Sud) et Amanie Abeid (Tanzanie), est l'un des sites de la biennale Congo. Ils y avaient été précédés par le Hollandais Arvid van der Rijt.

L'Institut français est l'autre lieu qui accueillera les résidences de près d'une dizaine d'artistes attendus entre le 10 et le 11 octobre. Ils seront au total vingt en résidence sur les deux sites en prévision de l'édition inaugurale de la biennale Congo. Situé à quelques mètres à peine du quartier général du KAS, l'Espace Bilembo est aussi du nombre avec l'Académie des Beaux-Arts et le Pavillon Luputu, un espace public à construire à Bandal.

Le thème de cette grande première qui va s'étendre sur un mois est « Transition ». Un mot fort, évocateur et familier pour les Congolais, qui fait partie de leur vocabulaire commun, comme l'a souligné Vitshois Mwilambwe. « Le Congo en soi ne vit que des transitions. Il y en a eu tellement : politique, sociale, culturelle et artistique », a-t-il dit.

La biennale Congo est donc le lieu privilégié choisi par le KAS pour susciter un dialogue autour de cette réalité commune. L'événement fera en sorte de « ramener penseurs, artistes, architectes, designers, etc., à réfléchir, requestionner l'histoire générale du Congo par rapport à toutes ces transitions subies le long de toutes ces années ».

Cinquante-quatre artistes du monde attendus

Une partie de la programmation de ce rendez-vous international initial est faite de résidences croisées entre artistes de la République démocratique du Congo et d'ailleurs. C'est la mise en œuvre d'un projet qui « était en gestation depuis très longtemps », a affirmé Vitshois Mwilambwe.

Il faut croire que la première exposition Young Congo, tenue en 2017 mettant en exergue le travail de quelques artistes congolais, avait servi de ballon d'essai. Le fondateur, directeur exécutif et artistique de KAS, a, d'ailleurs, fait savoir : « Il y a sept à huit ans, nous pensions à la biennale mais il fallait au préalable faire un travail de terrain avec la scène artistique congolaise, kinoise en particulier ».

C'est donc sans étonnement qu'après ce travail de longue haleine fait en amont, le KAS s'arroge la meilleure part. La moitié des artistes attendus du 20 octobre au 21 novembre est congolaise. Aussi, les débats, conférences et formations planifiés le long du festival vont concourir à la professionnalisation de leur travail.

La biennale Congo a en vue de créer une vitrine pour les artistes congolais leur offre une opportunité de présenter leur travail d'abord à leur public, cible principale que l'on veut porter à se familiariser avec l'art contemporain. Kinshasa aura certes la primeur mais le but est de porter la génération émergente de créateurs congolais à se faire connaître aux niveaux national et international.

Vécue comme un moment essentiel de partage, la biennale garde ses portes ouvertes aux créateurs des autres pays africains et autres continents. D'où la pléiade d'artistes, cinquante-quatre, attendus des cinq continents, censés y présenter un large échantillon représentatif de l'art contemporain. Sont inscrits dans cet important éventail « la peinture, la sculpture, la photographie, l'installation, le cinéma et la vidéo, la performance, l'art numérique et les œuvres qui ne font pas partie d'une catégorie définissable ».

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