Sénégal: Incendie du moteur droit du boeing 767-300 d'Ethiopian Airlines - Le film d'un crash évite de justesse à AIBD

L'on a frôlé le pire à l'Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) de Diass hier, mardi matin 8 octobre 2019. Sept (7) mois après le crash du Boeing 737 Max d'Ethiopian Airlines, qui a fait 157 morts en mars dernier au Sud d'Addis-Abeba, un autre avion de la même compagnie a failli s'écraser à l'AIBD.

Le réacteur droit du Boeing 767-300 du vol ET908 d'Ethiopian Airlines en partance à Addis-Abeba, avec escale à Bamako, a pris feu peu après le décollage, obligeant le pilote à faire demi-tour pour atterrir d'urgence à Dakar (Diass). Les passagers (environ 65) et l'équipage ont été évacués sains et saufs. Un passager qui a requis l'anonymat retrace le film de la mésaventure qui a failli leur coûter la vie.

«J'étais passager pour ce vol en partance Addis-Abeba via Bamako. Déjà, à l'embarquement, j'ai constaté l'état de l'appareil. Juste à l'intérieur, j'ai dit aux deux hôtesses dont l'une est anglophone et l'autre francophone, que nous ne pouvons pas voler avec cet appareil. C'est la première fois que je vois ce type d'appareil. En s'asseyant sur les sièges, ça bascule. Le rapt de bagages ne pouvait pas mettre certaines valisettes; donc, voilà, j'ai émis vraiment des doutes avant le décollage.

Malheureusement juste avant le moment du décollage, à peine avoir quitté le sol, il y a eu une explosion. Moi je pensais que c'était le point d'atterrissage. Et puis, l'avion a tout de suite perdu puissance. Et, comme c'était le feu, le pilote qui est très expérimenté a poursuivi sa poussée pour monter. Et donc en montant il a vraiment fait de manière très professionnelle, très légère. Il n y a pas eu de panique non plus en ce temps-là, on savait qu'il y a un problème, mais d'emblée, il a tout de suite lancé un message disant: «i have to come down (je dois atterrir)». Puis on est arrivé jusqu'au niveau de la cimenterie de Pout et puis il a fait un demi-cercle pour revenir.»

PANIQUE CHEZ LES PASSAGERS

«Certains des passagers ont été logés au Radisson à Diamniado, d'autres ont été mis sur d'autres compagnies je pense, je ne suis pas sûr des détails. Ce que je voulais dire, c'est qu'au-delà du dysfonctionnement sur l'appareil, il y a eu des dysfonctionnements aussi par rapport à l'aéroport parce que quand le pilote faisait appel aux secours, le «Mayday», il avait mis son micro en «on», peut être par inadvertance. Donc, nous les passagers, nous avons entendu ce qu'il disait en anglais, il insistait pour dire que «je n'ai pas eu votre retour, je dois me poser, préparez les secours incendies».

Il n'a pas eu de retour jusqu'à ce qu'on atterrisse. Certainement qu'eux, ils ont déjà vu son signal de secours qui est activé pour se préparer et ils avaient peut-être libéré les espaces pour éviter qu'un autre avion... Nous ne pouvions pas savoir, en notre état, on était encore stressé et on sentait le stress dans la voix du pilote qui a quand même réussi à poser l'appareil le plus calmement possible. Les passagers non plus n'ont pas crié. Donc tout le monde était en prière chaude. Donc quand il s'est posé à l'arrivée, il était devant le poste de technique et incendie, les sapeurs et autres ont rappliqué.

Et malheureusement leurs dispositifs n'ont pas fonctionné, ils ont étendu leurs lampes pour qu'ils viennent nous chercher, l'heure ne captait pas, la mousse ne venait pas, il y avait vraiment une panique. Donc, nous passagers, on était en face de spectacle et beaucoup ont pris des photos. Vous avez vu les publications qui sont sorties et certains ont même pris des vidéos. Donc on a vu de la panique dans ces équipes-là qui ont vraiment mis du temps, ça a duré 5 à 7minutes, jusqu'à ce qu'ils mettent la mousse et que ça fuissent partout. Et c'est en ce moment-là que le Commandant a dit qu'on va nous sortir de l'appareil. Il n'y a pas de blessés, il y avait un total d'environ 65 passagers d'après ce que j'ai aperçu dans un manuscrit. Il y avait beaucoup d'étrangers, je pense qu'il y avait 80% d'étrangers sur différentes destinations.»

ALERTE AUX AUTORITÉS

«Les autorités, que ce soient étatiques ou judiciaires, doivent prendre toutes les dispositions parce que certains des passagers ont émis l'idée d'une plainte pour mise en danger de la vie d'autrui. Et l'autorité, que ça soit aéronautique ou judiciaire, doit prendre des dispositions pour immobiliser cet appareil et mener les enquêtes qu'il faut parce que cet appareil, beaucoup de passagers qui prennent régulièrement la ligne Dakar-Bamako ont dit qu'il y avait d'autres soucis dans d'autres vols en 2018.»

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