Congo-Kinshasa: Sinistre - Kinshasa entre éboulements de terre et inondations

La pluie qui s'est abattue sur la ville, le 9 octobre, a occasionné beaucoup de dégâts. Un programme d'urgence à soumettre au gouvernement vient, d'ailleurs, d'être initié par le vice-Premier ministre en charge des Infrastructures et travaux publics pour financer rapidement les travaux de voirie dans les quartiers touchés.

C'est avec consternation que les habitants de Mont-Ngafula, Selembao et Masina ont fait le constat des dégâts causés par la pluie diluvienne qui s'est abattue sur Kinshasa, dans la matinée du mercredi. Des dégâts tant humains que matériels qui illustrent l'étendue des dommages dans une ville souffrant encore d'un déficit énorme en termes de voirie et de gestion du ruissellement des eaux de pluie. Le bilan est sans appel : cinq morts, sept blessés graves et une trentaine des maisons emportées, à en croire des sources informelles.

Dans les quartiers touchés, les habitants ont investi tôt le matin leurs communes respectives pour interpeller leurs bourgmestres accusés de nonchalance. Dans la ville haute où des têtes d'érosions ne cessent de progresser, l'on est presque réduit à l'expectative. Sans initiative ou presque. La lutte antiérosive amorcée à une certaine époque par une équipe d'ingénieurs civils sur la route de Matadi, dans la périphérie est de Kinshasa, consistant notamment au remblayage de terre et à l'érection des collecteurs, a été curieusement interrompue. Abandonnés à leur triste sort, les habitants du quartier Benseke comptent aujourd'hui parmi les sinistrés de la dernière pluie. Celle-ci a endommagé l'ouvrage en cours de réalisation au grand désenchantement des habitants impuissants devant la fugue impétueuse des eaux.

Le trafic perturbé sur de nombreux axes

Les têtes d'érosion répertoriées dans ces bas quartiers de Kinshasa, précisément à Zamba Télécom, Kingu, Dumez et autres ont atteint un niveau tel qu'il faut une intervention énergique de l'Etat pour sauver ce qui peut l'être, au risque de tout perdre. A Masina, Kinsenso, Lingwala et ailleurs, il est fait état d'inondations ayant sérieusement perturbé le trafic sur plusieurs axes routiers. Plus grave, Kinshasa risque de se couper du Kongo central à cause de l'éboulement de terre qui s'est produit sur la route de Matadi, au niveau de Kimvula, à la lisière entre les deux provinces.

Les tensions observées le 9 octobre dans les quartiers sinistrés, où les habitants ont investi les artères pour exprimer leur ras-le-bol, constituent une sommation à l'autorité urbaine appelée à réagir le plus tôt possible. Un programme d'urgence, dit-on, à soumettre au gouvernement, vient d'être initié par le vice-Premier ministre en charge des Infrastructures et travaux publics pour financer rapidement les travaux de voirie dans les quartiers sinistrés. Lutter contre les érosions, prendre en charge les eaux de ruissèlement via la construction des collecteurs, rétablir les caniveaux ainsi que les chaussées entamées etc., autant des tâches que les services spécialisés et sous-tutelle sont appelés à accomplir en un temps record. Il y a péril en la demeure.

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