Afrique: Conférence de Lyon sur le SIDA, la tuberculose et le paludisme - Des engagements oui, mais des actes concrets surtout

La sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme s'est achevée jeudi à Lyon.

La France abrite, pour la première fois, la 6e Conférence de reconstitution du Fonds mondial contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme. La réunion a ouvert ses travaux hier, 9 octobre 2019, à Lyon, en présence du président français, Emmanuel Macron. Elle s'est fixé pour objectif de recueillir au moins 14 milliards de dollars de financement pour les trois prochaines années auprès de partenaires privés et publics. La bataille mérite d'être engagée d'autant que les financements en ce qui concerne notamment la lutte contre le VIH/SIDA, ont tari. A tel point que certains redoutent une résurgence de la pandémie. Sous cet angle, on peut donc dire que la rencontre a vraiment sa raison d'être. Reste à savoir si les fruits tiendront la promesse des fleurs, autrement dit si l'argent coulera suffisamment à flots pour atteindre l'objectif assigné. Pour sûr, c'est loin d'être gagné d'avance. En revanche, l'on peut être certain qu'une attention particulière sera portée sur le pays hôte. En effet, après avoir été le seul pays du G7 à n'avoir pas augmenté ses contributions financières, lors de la dernière conférence de reconstruction du Fonds de 2016, Paris a déçu plus d'un. Dans sa posture actuelle de pays d'accueil, cette fois-ci, la France devrait se sentir en devoir de donner l'exemple. Saura-t-elle, au minimum, faire aussi bien que l'Allemagne qui a déjà promis une augmentation de 25 % ? On attend de voir. Mais, évidemment, le tout n'est pas de prendre des engagements comme c'est de coutume. Au-delà des promesses, il faudra bien des actes concrets. Surtout que l'humanité est face à cet enjeu crucial, celui de venir à bout, d'ici à 2030, de ces trois épidémies qui font quotidiennement trois millions de morts à travers le monde. A cette conférence qui enregistre la participation d'une dizaine de chefs d'Etat du continent, des voix ne manqueront pas de s'élever pour rappeler la très faible contribution (1%) des pays africains en termes de mobilisation des ressources pour ce Fonds.

L'Afrique doit se réinventer un système qu'elle doit accompagner de bonnes pratiques

Cette infime contribution interroge sur le niveau d'engagement du continent noir dans la lutte contre les fléaux sus-cités. Mais, face à la posture d'éternelle assistée d'une Afrique toujours encline à compter sur les autres, faut-il s'en étonner ? Vu la gravité et la persistance de ces maux, il est grandement temps qu'elle se positionne davantage sur le front sanitaire. En tout cas, c'est ce à quoi l'invite, du reste, l'Elysée qui vient d'évoquer, et à juste titre, la nécessité, pour les bénéficiaires africains du Fonds, de renforcer leurs investissements dans leurs propres systèmes de santé. La France fait bien de mettre le doigt sur la plaie. Car, pour de nombreux Etats africains, le système sanitaire est dans un tel état de délabrement, voire d'agonie, que toute la bonne volonté et l'humanité des partenaires occidentaux, s'apparentent parfois au tonneau des Danaïdes. C'est pourquoi l'Afrique doit se donner les moyens et le courage de repenser son système sanitaire. Ce faisant, elle doit bâtir une politique de santé plus osée et plus ambitieuse, édifiée notamment sur une politique constante de recherche fondamentale et appliquée, à l'image de l'Afrique du sud qui a inventé et produit ses propres remèdes pour soulager bien de ses patients atteints de Sida. Autrement, le continent n'aura de cesse de tendre la sébile, pour des résultats qui continueront toujours à montrer leurs limites. Assurément, l'Afrique doit se réinventer un système qu'elle doit accompagner de bonnes pratiques en matière de bonne gouvernance dans le secteur très sensible de la santé.

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