Afrique: Lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme - Pourquoi il faut accélérer le mouvement

La sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme s'est achevée jeudi à Lyon.

La ville de Lyon, en France, accueille depuis hier la sixième reconstitution des ressources du Fonds mondial pour venir à bout de ces trois maladies qui ont tué des millions de personnes à travers le monde.

Les résultats obtenus en 2018 par les pays et régions où le Fonds mondial a investi sont sources d'espoir, car illustrant les progrès réalisés : 32 millions de vies sauvées ; 18,9 millions de personnes sous traitement antirétroviral contre le Vih ; 5,3 millions de personnes atteintes de tuberculose sous traitement ; 131 millions de moustiquaires distribuées.

Ces données fournies dans le rapport du Fonds mondial sont celles communiquées par l'Organisation mondiale de la santé (Oms) et l'Onusida. Elles traduisent aussi l'impact remarquable des efforts conjugués, déployés par les gouvernements, les organismes multilatéraux, les partenaires bilatéraux, les groupes de la société civile, les personnes touchées par les maladies et le secteur privé, tous en partenariat avec le Fonds mondial.

En effet, dans le cas spécifique du Vih/Sida, le rapport du Fonds fait état du recul des décès dus au Vih. « Le monde a réalisé d'extraordinaires progrès dans la lutte contre le Vih : le nombre de décès a diminué de moitié depuis 2005 et la couverture de personnes sous traitement antirétroviral a presque triplé ces huit dernières années », stipule le rapport. Si les taux d'incidence ont continué à baisser, les acteurs estiment que le chiffre de 1,7 million de nouvelles infections enregistrées en 2018 reste « inacceptable », même si cela s'explique par les obstacles liés au genre et aux droits humains qui entravent l'accès aux services de santé.

Dans cette grisaille, les filles et les jeunes femmes de 15 à 24 ans en Afrique subsaharienne sont plus exposées à la contamination au Vih que les hommes de la même tranche d'âge. Une satisfaction certaine réside dans la lutte contre le paludisme. Là, depuis 2000, « les taux de mortalité ont chuté de 60% à l'échelle mondiale, et de nouveaux pays sont déclarés exempts de la maladie. Mais par manque de vigilance et de suivi, la capacité de résurgence du paludisme est réelle, avec un enfant (qui) meurt toutes les deux minutes du paludisme dans le monde, avec une charge de morbidité plus élevée en Afrique ». Voilà pourquoi, il faut répondre à l'appel du monde qui veut que le mouvement de lutte s'accélère.

Des actions vigoureuses sont également à mener contre la tuberculose qui, semble-t-il, « tue plus que toute autre maladie infectieuse. Quelque 1,6 million de personnes en sont mortes en 2017 », lit-on dans le rapport du Fonds mondial. Parce qu'en fait, les études montrent aussi que « la tuberculose résistante aux médicaments est en progression ». D'où de nouveaux objectifs fixés par les dirigeants du monde entier visant à identifier et prendre en charge 40 millions de cas de tuberculose évolutive entre 2018 et 2022 et fournir des traitements préventifs à 30 millions de personnes ayant une infection latente.

Le Fonds mondial de lutte contre ces trois maladies encourage donc la mise en place de systèmes résistants et pérennes pour la santé, ouverts à tous de même que la promotion et la protection des droits humains et de l'égalité du genre. Il s'agit de venir à bout de ces trois pandémies, mais aussi d'atteindre l'objectif 3 des Odd (Objectif du développement durable) qui concerne la santé et le bien-être de tous.

Les acteurs mondiaux de la santé publique sont convaincus qu'une lutte acharnée et globale peut mettre un terme aux épidémies du Sida, paludisme et tuberculose. Il s'agit d'y croire seulement.

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