Tunisie: Nabil Karoui libéré à quelques jours de l'élection

Tunisian presidential candidate and media mogul Nabil Karoui leaves prison on October 9, 2019.
10 Octobre 2019

La libération du candidat Nabil Karoui en Tunisie survient dans le contexte très particulier du processus électoral. Des poursuites judiciaires sont maintenues contre lui.

La libération de Nabil Karoui en Tunisie survient dans le contexte très particulier du processus électoral. En effet, les législatives ont eu lieu dimanche 6 octobre... et l'équipe de Nabil Karoui a demandé le report du 2e tour des présidentielles du 13 octobre, soit dimanche prochain.

Le candidat s'est rendu directement au siège de son parti où il s'est retrouvé avec ses proches pour se mettre en ordre de bataille pour les derniers jours avant le deuxième tour.

Liesse de ses partisans

Nabil Karoui a été acueuilli en héros à la sortie de prison où des dizaines de ses partisans l'attendaient.

Le magnat des médias est toujours poursuivi pour évasion fiscale et blanchiment d'argent mais désormais en liberté.

Ce candidat à la présidentielle et qualifié au deuxième tour avec 15% des voix ne s'est pas exprimé à sa sortie de prison.

C'est la Cour de Cassation qui a annulé les procédures d'arrestation et décidé de sa libération plus tôt dans la matinée de mercredi. Nabil Karoui était emprisonné depuis le 23 août dernier en détention préventive.

Une campagne qui ne dit pas son nom

Sa chaine de télévision Nessma a continué à faire campagne pour lui... cela pourrait être considéré comme une publicité politique et une infraction électorale. Pour Hasna Ben Slimane membre de l'instance électorale, c'est à l'issue du scrutin que l'Instance pourra examiner si oui ou non il y a eu des abus: "L'instance prend en compte les faits et les éventuels abus, voit s'il y a des dépassements, auditionne les personnes concernées, ensuite elle étudie le dossier et prend une position qui sera justifiée, publique et ouverte à tous."

Kais Saied est arrivé premier avec 18% des voix, il s'est engagé à ne pas faire campagne Il ne s'est pas exprimé depuis la libération de son adversaire.

L'institution judiciaire a été remise en cause avec les derniers rebondissements. Youssef Bouzekher président du conseil supérieur de la magistrature, affirmait que les procèdures d'arrestation étaient en règle et renouvelait sa confiance dans les juges en charge de l'affaire.

"Il n'y a pas eu de preuve saillante d'intervention politique sur son arrestation, s'il y a une intervention politique pour son arrestation il peut y en avoir aussi pour sa libération. c'est une situation assez délicate. J'ai confiance dans les magistrats en charge de ce dossier. Ce dossier est selon moi bien géré par les magistrats qui l'ont pris."

Difficile de prévoir l'impact du retour de Nabil Karoui sur le terrain. Difficile de prévoir les résultats de ce dimanche. Ce qui est sûr cependant c'est que les institutions judiciaires et électorales de l'Etat tunisien sortent ébranlées de ce long feuilleton.

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