Congo-Brazzaville: Transaction de fonds via téléphone - Les usagers s'inquiètent de la hausse des frais de transfert

Les principaux opérateurs de téléphonie mobile au Congo viennent de revoir à la hausse les frais de transfert, de 2,5% à 3,5% du montant apporté. Les usagers se disent surpris de cette décision qui les oblige à débourser plus d'argent pour effectuer la transaction financière.

Depuis le début de ce mois, le coût des transactions a augmenté presque de moitié pour les retraits et dépôts.

Par exemple, pour un transfert de 1000 F CFA, les frais sont passés de 25 à 35 F CFA ; ceux de la transaction de 5000 qui étaient de 125 F CFA sont passés à 175, de même que ceux de 10 000 sont fixés à 350 F CFA au lieu de 250 F CFA.

Pour les usagers, cette augmentation influe sur leur quotidien, à un moment où le pays traverse une situation économique difficile.

« Nous sommes déçus par ce que font ces opérateurs de téléphonie mobile. Cette augmentation ne nous arrange pas, ces sociétés doivent revoir leurs politiques économiques. Aujourd'hui, pour envoyer ou retirer une somme de 20 000 F CFA, il faut payer près de 1000 FCFA pour les frais d'accompagnement ou de retrait », a déploré Machel Elenga, l'un des usagers.

C'est aussi le point de vue de Claudine Mavoungou venue faire le dépôt dans un kiosque. D'après elle, les consommateurs sont au centre de tout le jeu des sociétés de téléphonie.

« On ne peut pas croire qu'une société de téléphonie mobile se permette de nous envoyer un message pour nous dire que désormais, il faut payer plus sur nos transactions d'argent. C'est de la pure imposition de sa part, alors que les temps sont difficiles pour nous », s'est-elle alarmée.

Selon les promoteurs des kiosques, la hausse des frais de transactions est due aux nouvelles taxes sur les transferts de fonds contenues dans la loi des finances 2019. Le fait que l'État a imposé ces taxes, les sociétés de téléphonie mobile sont obligées, elles-aussi, d'élever le pourcentage des transactions.

« L'État veut avoir son pourcentage sur les revenus de ces transactions. Ces sociétés ne peuvent pas aussi accepter de subir l'application de cette loi », a confié, sous-couvert d'anonymat, un agent d'une société de téléphonie mobile.

Pour le secrétaire exécutif de l'Observatoire congolais des droits des consommateurs, Mermans Babounga, les consommateurs sont beaucoup sollicités ces dernières années. « L'arrêté d'application précise que c'est le consommateur qui doit payer la taxe. C'est dommage que depuis 2016, les consommateurs soient ainsi sollicités, alors qu'ils sont devenus très vulnérables », a-t-il dit.

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