Cameroun: La diaspora en messager de la paix

Le grand dialogue National (GDN) entrera dans l'histoire comme l'une des plus larges concertations jamais initiées et conduites à terme au Cameroun. De l'aveu même du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, qui a présidé les travaux, des centaines de personnalités de tous bords ont été consultées lors de la phase préparatoire et plus d'un millier de contributions écrites ont été enregistrées et traitées à ce jour.

Cette pluralité de propositions témoigne du souci des organisateurs de donner la parole au plus grand nombre pour échanger de long en large sur la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud- Ouest et sur d'autres grands sujets de l'heure. Les membres des différentes commissions qui ont travaillé d'arrache-pied pour formuler des recommandations contenues dans le rapport général sont unanimes sur l'esprit de franchise et de tolérance qui a prévalu. Tous les sujets, même les plus délicats, ont été abordés et la libération de la parole a transcendé tous les tabous.

Dans cette logique, aucun acteur n'a été de trop. Les officiels et délégués venus des quatre coins de la République, tout comme les représentants de la diaspora. A l'instar d'autres Camerounais, ces derniers se sont investis pleinement dans la recherche de solutions pour faire face aux défis qui interpellent la nation toute entière. Qu'ils viennent d'Afrique, d'Europe ou d'Amérique, les ressortissants camerounais installés à l'étranger ont participé de façon remarquable aux assises de Yaoundé et leur apport multiforme a été apprécié à sa juste valeur. Leur forte implication lors des débats n'aura pas été vaine. A s'en tenir au rapport final rendu public, certaines doléances formulées depuis longtemps ont été prises en considération. Concernant notamment « la réforme du Code de la nationale pour l'adoption de la double nationalité ou des nationalités multiples », la création d'un Haut conseil de la diaspora dans les pays d'accueil, ou encore la création d'une agence transnationale d'investissement et de développement.

Comme le rappelait à juste titre le Premier ministre, l'offre de paix du chef de l'Etat ne saurait être ni un acte isolé, ni l'affaire d'une seule personne. Il s'agit d'un effort collectif qui interpelle à la fois le gouvernement, le citoyen ordinaire, les élus locaux, les leaders d'opinion, mais aussi des compatriotes de l'extérieur qui ont un rôle important en direction des adeptes de la violence armée qui n'ont pas encore répondu clairement à l'offre de paix. Or les pouvoirs publics ayant lâché du lest dans le sens de l'apaisement attendent en retour que certains activistes modèrent leur soutien aux mouvements sécessionnistes et s'associent davantage à l'idéal républicain pour tordre le cou à la surenchère verbale et à l'extrémisme violent. On sait par exemple le rôle néfaste que continuent à jouer, via les réseaux sociaux, certains acteurs installés à l'extérieur et qui tardent encore à saisir la main tendue du gouvernement. Peut-être faudrait-il prêter l'oreille à certaines voix qui s'élèvent ici et là pour réclamer d'autres gestes d'apaisement qui pourraient dissiper la méfiance chez certains activistes de la diaspora. Visiblement, il n'est pas trop tard et aucune porte n'est fermée.

Les quatre jours de discussions sur les hauteurs de Nkolnyada n'ayant pas totalement épuisé les préoccupations liées à la recherche de la paix et à l'amélioration du vivre ensemble, des passerelles supplémentaires ont été prévues pour prolonger la réflexion.Les participants au GDN issus de la diaspora et qui ont pris une part active aux travaux en commission ont pour mission de prolonger les discussions au-delà de nos frontières. Ils doivent forcément être des messagers de la réconciliation et de la paix auprès d'autres compatriotes dans leurs pays de résidence. C'est dire que le Grand dialogue national est loin d'être clos. Il peut aussi se poursuivre à travers les multiples plates-formes qu'offrent les nouvelles technologies de la communication. A cet égard, le site web spécialement créé par le gouvernement apparaît comme le cadre idéal pour des échanges à distance. On ne pouvait rêver mieux pour des personnes vivant parfois à des milliers de kilomètres du pays et qui sont disposées à apporter leur pierre à l'exaltante oeuvre de construction nationale et de consolidation de la paix. Les Camerounais, de l'intérieur comme de l'extérieur, doivent davantage conjuguer leurs efforts pour accompagner les initiatives courageuses déjà prises en vue du retour à la normale dans les zones en conflit

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