Afrique: Climat - Les Etats prêts à rehausser leurs engagements

Une réunion préparatoire à la prochaine conférence de l'ONU sur le climat (Cop25) qui se tiendra à Santiago, au Chili, du 2 au 13 décembre, s'est achevée, le 10 octobre, à San Joséw, au Costa Rica. Une occasion qui a permis de mettre l'accent sur l'augmentation de l'ambition nécessaire pour combattre le réchauffement climatique.

La rencontre qui se voulait d'échanges a rassemblé des délégués de cent pays et plus de mille cinq cents participants (acteurs politiques, sociaux et environnementaux), déterminés à tout mettre en œuvre pour limiter la hausse de la température moyenne mondiale à 1,5 °C et l'adaptation aux pires impacts du changement climatique. Ce qui était de tout point de vue souhaité, puisque depuis la signature des accords de Paris, en décembre 2015, dans le cadre de la Cop21, les défis sont toujours nombreux pour atteindre les objectifs fixés lors du sommet mondial, à commencer par le principal : limiter la hausse des températures jusqu'au niveau envisagé.

La vingt-cinquième conférence annuelle des parties sera donc un moment privilégié pour les Etats de se pencher sur les défis recensés, d'autant que la volonté de la rencontre sera de relever l'ambition des contributions, en vue de l'échéance de 2020. Et face aux manifestations du changement climatique, les assises pourraient acter des accords plus ambitieux. Celles-ci devaient initialement avoir lieu au Brésil, mais après l'élection du président climatosceptique déclaré, Jair Bolsonaro, Brasília a officiellement retiré sa candidature, à cause de « restrictions budgétaires ». Le Chili et le Costa Rica s'étaient finalement portés volontaires après le désistement du Brésil.

L'objectif du rendez-vous de 2019 sera de « concrétiser la hausse de l'ambition des pays pour lutter contre le changement climatique, de manière conforme avec les rapports des scientifiques », explique Pierre Cannet, chargé de la campagne climat et énergie au Fonds mondial pour la nature (World wide fund for nature, en anglais) France. Ce qui s'avère nécessaire, puisque les efforts déjà consentis par les Etats sont encore largement insuffisants. Les engagements qu'ils avaient pris, lors de la COP21 de Paris, même s'ils pouvaient être intégralement tenus, mettent la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3,2 °C d'ici à la fin du siècle.

Or, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, la hausse des températures dans le monde ne devrait pas dépasser 1,5 °C sous peine de bouleversements sans précédent.

La France attend de la prochaine conférence de l'ONU sur le climat, un « signal politique très fort » pour atteindre l'objectif de la neutralité carbone d'ici à 2050, a dit la secrétaire d'Etat française à la Transition écologique, Brune Poirson. « Il est très important d'être très clair sur la direction que nous souhaitons prendre, et le point d'arrivée, c'est la neutralité carbone d'ici à 2050 », a déclaré la secrétaire d'Etat française, en marge de la pré-COP, à San José.

Brune Poirson a multiplié les rencontres diplomatiques pour plaider en faveur de l'accord de Paris de 2015, fragilisé après le retrait des Etats-Unis, deuxième émetteur mondial de carbone, et l'absence d'engagement de poids lourds comme le Brésil. Pour elle, l'objectif du gouvernement français est de s'assurer que « l'esprit de l'accord de Paris reste vivant», et que ses objectifs soient respectés de limiter le réchauffement mondial à 1,5 degré et une neutralité carbone d'ici à 2050. « C'est tant précieux et vital pour l'humanité que nous devons faire tout notre possible » pour qu'il soit respecté, a insisté la responsable française.

La secrétaire d'Etat a, par ailleurs, dit espérer que la protection de la biodiversité, facteur clé pour lutter contre le réchauffement climatique, soit intégrée dans les objectifs climatiques, comme l'a proposé le Chili.

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