Sénégal: Prévention de la cecité - Le Trichiasis, un désastre pour la vue

10 Octobre 2019

Le Sénégal va célébrer la journée mondiale de la vue ce jeudi 10 octobre dans le département d'Oussouye (SUD). En attendant, l'évènement, Sud quotidien fait découvrir à ses lecteurs le trichiasis.

Une pathologie de la vue qui est un mauvais alignement anatomique des cils et qui correspond à une déviation vers l'œil de la rangée postérieure des cils qui frottent contre le globe oculaire chez un patient qui n'a pas d'entropion. Cette pathologie demeure l'une des causes de cécité chez la femme.

Au Sénégal, le trachome est la deuxième cause de la cécité avec 25.000 personnes aveugles après la cataracte avec une prévalence de la forme active de 10,8 % chez les enfants de moins de 10 ans et une prévalence du trichiasis à 2,6 % chez les filles de plus de 14 ans en zone rurale selon une évaluation de la situation épidémiologique de la maladie réalisée en 2000.

Au total, selon les résultats de cette enquête, ce sont 320 mille enfants qui sont infectés et 91.500 porteurs des germes de la maladie et qui sont considérés donc comme «potentiellement aveugle».

Avec l'organisation de cette journée, la division de la santé oculaire alerte sur le trichiasis qui est la forme compliquée du trachome. Selon les professionnels de la santé, les femmes sont les plus exposées à cette pathologie.

L'épilation des cils peut provoquer l'apparition de différentes formes d'inflammation au niveau de la cornée et plus tard conduire à la cécité. Toutefois, cette maladie peut aussi être congénitale.

A cet effet, elle est le plus souvent liée à un entropion, phénomène défini par le basculement des bords d'une paupière vers l'œil. Le trichiasis peut notamment être une séquelle d'un processus de cicatrisation après une blessure ou une brûlure de la paupière.

LES FACTEURS DE RISQUES DE LA MALADIE

Les facteurs de risque du trichiasis sont en bien des points identiques à ceux du trachome actifs puisse qu'il s'agit de la maladie tardive de l'affection, nous font savoir les acteurs de la division de lutte contre la maladie.

Néanmoins, ces derniers estiment qu'ils ne sont pas totalement superposable, le trachome n'évoluant pas partout avec la même rapidité et entraînant pas les mêmes cicatrices potentiellement cécitantes. «Il apparaît très difficile de prédire le trichiasis des adultes à partir de la présence du trachome actif chez les enfants».

Pour ce qui concerne les femmes, des études montrent que l'accès du risque a été attribué au contact répété des femmes avec les enfants qu'elles ont en charge et aux réinfections à répétition qu'elles subissent à leur contact.

Les femmes en charge des enfants en bas âge présentement effectivement selon les acteurs de la santé plus fréquemment un trachome actif que celles qui ne s'occupent pas d'enfants. Le trichiasis est beaucoup plus présent dans les zones les plus défavorisées.

Toutefois, avec la division de la lutte contre la maladie, beaucoup de régions comme Thiès et Diourbel qui étaient endémiques à la maladie sont stables.

Pour le secrétaire général du ministère de la santé et de l'action sociale du Sénégal, Alassane Mbengue, un projet est en cours de mise en œuvre pour la prise en charge des cas de morbidité liés à cette affection, grâce à l'Ong Sightsavers. «Ainsi, nous prétendrons éliminer cette cause de cécité évitable à l'horizon 2022.

Même si la santé oculaire reste maîtriser au Sénégal, il faut dire que le trichiasis demeure préoccupant», a révélé M. Mbengue.

Revenant sur la cécité en général en prélude à la journée qui sera célébrée sur le thème : «la vision d'abord», Alassane Mbengue a déclaré : «au Sénégal, la cécité et les déficiences visuelles sont des problèmes majeurs de santé, de par leur ampleur et leur gravité».

À cet effet, il a estimé avec une prévalence à 1,42 %, qu'on dénombrerait dans notre pays près de 165 000 aveugles et plus de 550 000 malvoyants.

TAUX DE GUERISON RASSURANT

Dans la plupart des pays francophones d'Afrique au Sud du Sahara, la méthode de Trabut utilisée depuis plus de cinquante ans reste le plus souvent pratiquée.

Deux études réalisées au Sénégal font état de bons résultats : à Dakar, le suivi pendant deux ans de 200 opérés faisait état de 82 % de résultats satisfaisants, une autre étude rétrospective réalisée avec un recul de 12 ans sur une série de 115 cas à Kolda au Sénégal rapportait 74 % de succès

Pour rappel, Dr Mouctar Dieng Badiane, coordonnateur du Programme national de la promotion de la santé oculaire au ministère de la santé et de l'action Sociale, en prélude à la journée mondiale de la vue, a fait savoir que 55 % des malvoyants à travers le monde sont des femmes et les 89 % vivent dans les pays en développement.

Près de 2 millions d'aveugles vivent particulièrement dans les pays pauvres où le défaut d'hygiène individuelle et collective et la promiscuité augmentent la fréquence des réinfections et la gravité de la maladie.

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Plus de: Sud Quotidien

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