Ile Maurice: Exportations - La guerre commerciale USA-Chine porteuse d'opportunités pour le textile

La Chine risque de perdre une part du marché d'approvisionnement américain, à cause des tarifs imposés par l'administration Trump. Selon une étude de la MEXA, il est possible que les producteurs locaux la récupèrent.

Dansle monde des affaires, il ne suffit pas d'attendre ou de rechercher les opportunités de croissance. Il faut également savoir développer une technique capable de repérer les signaux porteurs d'opportunités lorsque ceux-ci se manifestent. L'application de cette technique par la Mauritius Export Association (MEXA) par rapport à la situation occasionnée par la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la République populaire de Chine a produit des résultats intéressants. Les fournisseurs du marché américain en produits du textile ont commencé à tâter la capacité des producteurs mauriciens à travailler avec eux.

L'une des conclusions d'une étude réalisée par la MEXA indique qu'il n'est pas déraisonnable d'imaginer que les producteurs locaux de textile récupèrent une part du marché d'approvisionnement que la Chine risque de perdre, en raison des tarifs imposés par l'administration Trump.

Un des derniers bulletins de The Mauritius-U.S. Business Association ne se fait aucune illusion quant aux retombées positives de la guerre commerciale Chine-États-Unis. «Tandis que les deux pays s'engagent dans une guerre commerciale, les sociétés américaines touchées par les tarifs élevés, qui sanctionnent les produits en provenance de la République populaire de Chine, sont à la recherche d'opportunités pour la fabrication de leurs produits ailleurs. En conséquence, les sociétés dont la base d'opération se trouve en dehors tant des États-Unis que de la Chine assistent à l'émergence d'une situation de boom économique.»

Le document évoque le cas de la société Pedego, basée en Californie, dont 80 % des pièces de rechange pour bicyclette proviennent de Chine et qui ne fait plus d'affaire avec ce pays. Pedego s'est tournée vers le Vietnam. Désormais, la production de caméra par GoPro a quitté la Chine pour Mexico. Le bulletin cite également le cas d'une société de fabrication de lingerie raffinée qui a migré vers le Kenya, créant du coup quelque 4 000 nouveaux emplois.

Droits de douane de 46 %

Les rédacteurs du bulletin de The Mauritius-U.S. Business Association estiment que l'application de droits de douane sur les produits du textile en provenance de la Chine, dans la fourchette de 31 % à 46 %, constitue une opportunité indéniable pour Maurice également. Ils soulignent que les importateurs américains de produits du textile se tourneront désormais vers d'autres sources d'approvisionnement.

Anil Currimjee, viceprésident de la MEXA, confirme l'existence d'une tendance de certains hommes d'affaires américains d'étudier les possibilités de s'approvisionner sur le marché local des produits du textile. «Le plus difficile, c'est de pouvoir se positionner dans ce segment du marché américain de la commercialisation des produits du textile, dont les horizons se sont ouverts à Maurice dans le sillage de la guerre commerciale opposant les États-Unis à la Chine.»

Pour Anil Currimjee, il est possible de mettre en place une stratégie pouvant atténuer l'effet des handicaps propres à la destination Maurice par rapport aux États-Unis. Parmi ces obstacles, il y a l'impact sur le coût d'opération des entreprises mauriciennes du poids de la distance entre les deux pays. Il estime qu'il est possible de trouver des solutions dans le but de contourner les obstacles auxquels est confrontée l'exportation des produits du textile mauricien vers les États-Unis. L'une des mesures qu'il préconise est l'extension des facilités déjà disponibles sous le Speed to Market Scheme. Il s'agit d'un plan d'aide destiné aux exportateurs mauriciens à plusieurs niveaux, dont celui du remboursement d'une partie des coûts d'opération.

Avinash Goburdhun et Eric Dorchies respectivement directeur de Wensum Ltd, fabricant de costumes de réputation internationale et Chief Operating Officer de CIEL Textile et Chief Executive Officer d'Aquarelle group, comptent parmi les premiers entrepreneurs témoins de l'arrivée de ces hommes d'affaires américains qui se sont tournés vers Maurice, dans le cadre de la guerre États-Unis et Chine.

Les retombées positives sont concrètes au sein de Wensum Ltd. «C'est déjà une réalité palpable chez nous, affirme Avinash Goburdhun. Les commandes ont augmenté.» Il n'a pas de doute quant aux opportunités d'affaires avec les USA. «Il s'agit de recadrer la stratégie d'exportation qui existe déjà, en marge de l'Africa Growth and Opportunity Act, dans le but de saisir les opportunités qui émergent par rapport à cette guerre commerciale.»

Ses effets ne constituent aucune surprise pour CIEL Textiles. Eric Dorchies est catégorique : «Les relations commerciales tendues entre les États-Unis et la Chine nous sont indirectement favorables.» Depuis plus de dix ans, CIEL Textiles s'est positionnée comme une alternative à la Chine en tant que source d'approvisionnement en matière de produits du textile. La force de CIEL Textiles, soutient Eric Dorchies, repose entre autres facteurs sur sa capacité à fournir de multiples produits à partir de Maurice, Madagascar mais aussi de l'Inde ou du Bangladesh. «Nous sommes donc bien placés pour tirer profit de cette bataille. Cependant, nous devons continuer à donner la garantie de fournir des produits et d'assurer un service irréprochable, tout en proposant des prix compétitifs.»

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