Cote d'Ivoire: CPI/Mise en liberté « immédiate et sans condition » de Gbagbo - La demande totalement saugrenue de Me Altit

10 Octobre 2019

C'est à la limite un pari de dupe, si la chambre d'appel de la CPI par enchantement accédait à la requête saugrenue de Me Altit. Qui est-ce qui peut garantir que Laurent Gbagbo sorti des griffes de la justice internationale va librement comparaitre si l'appel de Fatou Bensouda prospère.

En d'autres termes, si la décision d'acquittement venait à être cassée. Il est risqué de répondre par l'affirmative, au regard des multiples voies et moyens dont dispose Laurent Gbagbo pour se soustraire des liens de la justice internationale.

Très peu de juristes, en tout cas, feront ce pari. Alors que l'Appel du procureur Fatou Bensouda reste pendante devant la chambre d'appel, l'Avocat principal de la défense de Laurent Gbagbo a introduit lundi une requête auprès de ladite chambre pour espérer, comme Alice au pays des merveilles, la remise en liberté sans condition de son client Laurent Gbagbo et de son ministre de la rue Charles Blé Goudé.

Cette demande totalement saugrenue et incongrue, pour le sachant des procédures judiciaires, intervient au moment où la chambre d'Appel n'a pas encore vidé sa saisine. En effet, le bureau du procureur a fait appel de la décision d'acquittement intervenue le 25 janvier dernier.

Si ce n'est faire de la "com" ou alors créer le buzz, comme on le dit dans le jargon, Me Altit lui-même reste convaincu qu'en l'état actuel de la procédure, la chambre d'Appel qui n'a pas encore vidé sa saisine ne saurait tolérer que le prévenu Gbagbo sorte des liens de la justice internationale. Laurent Gbagbo sorti des griffes de la justice internationale, pourrait-il objectivement y retourner si besoin en est ?

Pas si sûr. Connaissant les ressources dont dispose Laurent Gbagbo pour se soustraire de la justice internationale.

Et pourtant, le patron de la défense de Laurent Gbagbo, sachant très bien que l'Appel fait par le bureau du procureur hypothèque, sinon anéantit totalement les chances de Laurent Gbagbo de retrouver sa totale liberté, comme un grand profane des procédures juridiques, demande à la chambre d'appel de la Cour pénale internationale (CPI) de reconsidérer l'arrêt relatif aux conditions restrictives de liberté de son client et d'ordonner sa mise en liberté immédiate et sans condition.

A l'en croire, ce régime de semi-liberté imposé à Laurent Gbagbo, acquitté le 25 janvier des charges de crimes contre l'humanité qui pesaient contre lui, n'est pas fondé juridiquement. La requête d'Altit a du mal à cacher son dessein politique.

Celui de permettre à son client d'aller où il le souhaite, par exemple dans son pays, pour prendre part aux échéances électorales de 2020. Si la chambre d'Appel de la CPI dispose d'un délai illimité pour répondre à la Défense, il faut reconnaitre le caractère plus que léger de cette demande.

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