Cameroun: Produits laitiers - L'affaire des yaourts périmés

Des consommateurs se plaignent de la vente de produits impropres à la consommation sur le marché. Les fabricants, eux évoquent la rupture de la chaîne de froid qui contribue à altérer la qualité.

Marceline N. a eu l'une des surprises les plus désagréables de sa vie. En distribuant des yaourts en sachet, qu'elle venait d'acheter pour ses enfants, elle se rend compte que le contenu est impropre à la consommation. Si elle n'avait pas été là, les enfants auraient sûrement avalé goulument le produit et le pire aurait pu arriver. Comme cette ménagère, d'autres consommateurs confient qu'il leur est aussi arrivé de tomber sur des produits laitiers d'une marque locale, notamment en sachet ou conditionnés dans des pots, et dont le contenu était aigre malgré le fait que la date de péremption était encore lointaine.

Des plaintes qui sont parvenues au Réseau national des consommateurs du Cameroun (RNCC). Lequel s'est empressé d'incriminer l'entreprise indexée à travers un communiqué de presse divulgué sur les réseaux sociaux, le 3 octobre dernier. Document dans lequel l'association dénonce, « après enquête et investigation », la présence dans les surfaces commerciales de yaourts périmés et demande au fabricant de retirer « les cargaisons de produits avariés du marché et de faire réparation au cas où il y aurait des victimes ».

En réponse, la société concernée a utilisé le même canal pour dénoncer la démarche du RNCC, en expliquant que depuis 47 ans d'existence, elle veille, suivant un dispositif de contrôle bien précis, à la qualité des différents produits laitiers mis sur le marché. D'après Felix Eboule Petet, directeur des opérations et de performance de cette entreprise, « ce dispositif s'articule autour du contrôle de qualité des matières premières avant utilisation, leurs mises en observation pendant 48h, avant la distribution ainsi que le retrait et le remplacement systématique des produits à date de péremption proche auprès des distributeurs ».

Approché par C.T, l'un des responsables de la direction régionale de cette entreprise dans le Centre reconnaît néanmoins qu'il pourrait y avoir des produits abîmés et non périmés, suite à la période de coupure de l'énergie électrique survenue après l'incendie du poste de transformation de Melen. Dans ce cas, il se pose un problème de conservation. « Les produits laitiers sont très sensibles à la température. Il y a certains commerçants qui débranchent leur frigo quand ils ferment ou bien n'ont pas de groupe électrogène pour prendre le relais lors des délestages. Résultat, les yaourts et produits laitiers s'abîment aussitôt », a-t-il expliqué.

Au-delà de la polémique sur la fabrication, les consommateurs sont appelés à s'informer davantage sur la conservation des produits laitiers et les températures indiquées suivant la variété. Car toute rupture de la chaîne de froid peut, d'après notre source, entraîner la perte d'importants stocks.

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