Cameroun: Il faut revenir sur le droit chemin

Au nom de quoi continuent à se battre les combattants cachés en forêt dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, au lendemain du Grand dialogue national ? Que revendiquent-ils au fond ? Si c'est la sécession, ces entrepreneurs de guerre connaissent la position de la très large majorité des Camerounais sur cette question.

A savoir que le Cameroun reste « un et indivisible ». D'ailleurs, lors des assises qui viennent de se tenir à Yaoundé, les participants, venus en grande partie des régions sus-indiquées, n'ont guère exprimé leur volonté de diviser le pays pour aller créer une autre entité indépendante. Le vivre ensemble des Camerounais anglophones et francophones ne pouvant à juste titre être remis en cause depuis l'avènement de la Réunification en 1961. Dès lors, le mot sécession est banni des propos car c'est un projet rejeté par la presque totalité du corps social. Poursuivre le combat pour le réaliser c'est s'enfermer inutilement dans une pure chimère. Sans oublier le fait que l'armée défendra jusqu'au bout l'intégrité territoriale du pays. Il est donc temps que les mouvements sécessionnistes encore en activité se rendent définitivement à l'évidence que leur aventure est sans issue.

Dès lors, les propos tenus par le sultan Ibrahim Mbombo Njoya lors du Grand dialogue national prennent tout leur sens. L'influent responsable du parti au pouvoir pense, en ce qui concerne notamment ceux qui ont choisi la voie du maquis, qu'ils ne se battent plus pour une cause politique. « Par leur comportement, ils prouvent qu'ils ont été pris en otage par ceux qui vivent confortablement à l'étranger et qui entendent à travers eux, assouvir leurs fantasmes politiques. Ils ne se battent aujourd'hui que pour leur survie et non par idéologie », affirme le roi des Bamoun.

Les combattants sécessionnistes étant plus que jamais mis en minorité à l'issue des assises de Yaoundé, il est opportun de les aider à saisir l'offre de paix du chef de l'Etat pour revenir sur le droit chemin et réintégrer la République. C'est vrai que la commission qui s'est penchée sur les problèmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration des ex-combattants a proposé, entre autres, d'établir des ponts entre ces jeunes et les Forces de défense et de sécurité.

Mais, pour aller plus loin et faciliter davantage la sortie de ces combattants de la brousse, la suggestion formulée par le sultan mérite un examen approfondi du fait de son réalisme. D'un point de vue pratique, Ibrahim Mbombo Njoya a proposé qu'une commission soit créée, composée des autorités religieuses et des chefs traditionnels des régions en crise, lesquels connaissent mieux que quiconque le terrain, afin de prendre directement contact avec ces combattants et les convaincre à déposer les armes comme beaucoup d'autres l'ont déjà. A notre sens, une telle initiative est envisagée sous d'heureux auspices, compte tenu du contexte post-dialogue.

En outre, en se fondant sur les premières retombées du Grand dialogue national, les leaders d'opinion anglophones semblent avoir compris qu'ils obtiendront plus par la négociation que par les armes.

Parallèlement, comme il a aussi été recommandé, il faut intensifier la communication sur les bienfaits du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration des ex-combattants du Boko Haram et des groupes armés du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. A cette occasion, l'accent devrait être mis sur la nouvelle vie des ex-rebelles qui vaquent librement à leurs occupations grâce au dispositif mis en place pour leur permettre d'apprendre un métier.

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