Afrique du Sud: Un universitaire relève des "erreurs d'interprétation" de la xénophobie en Afrique du Sud

Dakar — Le professeur Pierre Sané, président de "Image Africa Institute", a évoqué jeudi des erreurs d'interprétation des évènements liés à des actes de xénophobie en Afrique du Sud.

"Dans le cas de la xénophobie, je dois soulever trois erreurs d'interprétations dans les débats qui ont suivi les événements en Afrique du Sud et les réactions tant au niveau africain qu'international", a-t-il dit, lors d'un panel sur la xénophobie en Afrique du Sud.

Pr Pierre a évoqué d'une part, le fait de confondre Mandela et son peuple qui n'a aucune obligation vis-à-vis des autres africains, car connaissant la misère comme eux.

"Il faut aussi savoir que tous les noirs en Afrique du Sud n'étaient pas impliqués dans la lutte contre l'apartheid. Leur demander un retour de solidarité alors qu'eux-mêmes n'étaient pas dans le combat, c'est un peu trop", a-t-il expliqué.

La troisième erreur se situe sur le fait de penser la solidarité comme étant une obligation morale, alors qu'elle demeure juste un acte de compassion, n'exigeant rien en retour, a-t-il signifié.

"Nous constatons un échec de l'Etat Sud-africain en matière de lutte contre la xénophobie et le manque de priorité accordé aux instruments internationaux face à la politique publique", a indiqué le Pr Sané, indiquant qu'aucun pays n'était à l'abri de montées xénophobes.

"Il nous faut une compréhension différente de l'Afrique. Le nouveau panafricanisme doit avoir une vision universelle, sachant qu'on peut se joindre à ce combat, même si l'on n'est pas un enfant du continent", a-t-il fait valoir.

S'agissant du niveau national, il a appelé à travailler à l'intégration de tous les africains dans tous les pays d'Afrique où ils résident.

"Ce sont les universitaires qui sont parfois responsables de certains actes qui se posent dans nos pays. Quand la question de la xénophobie se pose, on oublie souvent tous les combats qui ont été faits antérieurement", a quant à elle, déploré, Fatou Sow Sarr, sociologue et directrice générale de l'institut du genre et de la famille.

Pour elle, le rôle des intellectuels reste éminent dans ce qui pourrait arriver en Afrique dans les années à venir. Elle a insisté sur l'importance de la responsabilité des acteurs politiques face à la recrudescence de la xénophobie.

Pour le président de l'institut panafricain de stratégies (IPS), Cheikh Tidiane Gadio, l'idéal serait d'organiser un sommet africain qui prendrait en compte toutes les questions liées au racisme et à la xénophobie, en vue d'une bonne prévention.

"Le problème fondamental de l'Afrique se trouve au niveau des leaders qui ne prennent pas les choses en main", a-t-il avancé.

Il a, de ce fait noté, que le débat sur la xénophobie devrait être maitrisé, car les africains deviennent parfois victimes des choses initiées par eux-mêmes.

"Il nous faut poser la question de savoir comment sortir de cette impasse pour en tirer les meilleurs des profits", a-t-il ajouté.

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