Congo-Kinshasa: CLC-LAMUKA - Les masques sont enfin tombés !

11 Octobre 2019

« Le temps est l'ennemi du mensonge » ou encore « Mentez, mentez, il en restera quelque chose ». Ces deux adages illustrent mieux le comportement ambigu que le Comité Laïc de Coordination (CLC) affiche depuis un certain temps.

Considéré au départ comme un mouvement de revendication citoyenne des laïcs catholiques, le CLC a fini par attirer la curiosité et susciter des doutes quant à son modus vivendi, notamment ses ramifications avec des laboratoires politiques avant de s'afficher finalement plus comme une structure politique qu'un mouvement de revendication citoyenne qui rassemble les chrétiens.

Du coup, il n'y a plus à se poser des questions sur l'identité des commanditaires et sponsors des activités du CLC, qui apparaît aujourd'hui aux yeux des analystes comme une nébuleuse.

La marche projetée par le CLC le 19 octobre prochain vient d'éclaircir sa position en mettant ainsi définitivement fin à l'ambigüité qu'il entretenait dans l'opinion.

D'abord, cette marche était convoquée dans le but de faire pression sur le pouvoir afin que la lumière soit faite sur l'affaire de 15 millions de dollars qui défraie la chronique. Curieusement, quelques jours après, sans que ladite marche ait lieu, l'organisateur change le motif de revendication. Ce n'est plus pour les 15 millions, mais pour obtenir la concrétisation de la gratuité de l'enseignement de base.

Une marche pour rien !

Pour ceux qui suivent de près la situation liée à la décision du gouvernement décrétant la gratuité de l'enseignement de base en RDC, les membres du CLC n'ont pas de raison d'appeler les gens à marcher, parce que cela revient à forcer une porte qui est grandement ouverte.

Partie de l'actuel Président de la République Félix Tshisekedi, qui tenait à concrétiser sa promesse de campagne, la question de gratuité de l'enseignement de base avait fini par provoquer la convocation du Forum national qui avait réuni tous les partenaires de l'éducation en République Démocratique du Congo, avant que cela soit coulé en termes de décision gouvernementale dès le premier conseil des ministes de l'équipe Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

Le Chef de l'Etat venait de réaffirmer le principe de la gratuité dans son discours prononcé à la tribune des Nations Unies, en marge de la 74ème assemblée générale. Puis, Félix Tshisekedi Tshilombo vient de réitérer cette décision de rendre gratuit l'enseignement de base le lundi 7 octobre au cours d'un meeting qu'il a animé à Bukavu, province du Sud.

C'est pourquoi s'interroge l'opinion : y a-t-il vraiment de raison de marcher pour réclamer la gratuité ? La volonté politique est là et plusieurs réaffirmée par ceux-là qui ont levé l'option d'alléger tant soit peu le calvaire des parents, et combattre à même l'analphabétisme en RDC. Et pour preuve : le gouvernement a commencé à payer le premier palier aux enseignants dans le cadre de l'amélioration de leurs salaires.

Le CLC doit se redéfinir

Par ailleurs, on comprend facilement pourquoi le mouvement qui avait démarré avec pompe a sensiblement terni son image de marque. De même, on peut deviner la raison des réserves observées depuis une certaine période par quelques membres de cette organisation, en l'occurrence le professeur Thierry Nlandu et Léonie Kandola, qui vient d'ailleurs de porter officiellement à la connaissance du public son retrait dudit mouvement.

Ainsi, au lieu de continuer de flouer les Congolais et surtout d'agir sous le label de l'église catholique, le CLC ferait mieux de s'afficher clairement comme une structure de la plateforme politique LAMUKA, dont il dépendrait financièrement.

De son côté, l'église catholique, qui ne s'est pas encore totalement remise de son implication ou de son soutien politique, à en croire les déclarations maintes fois répétées d'un candidat qui ne cessait de s'appuyer sur elle, au motif qu'elle détiendrait la vérité des urnes devant lui assurer la victoire pour accéder au pouvoir, doit prendre position. Cette prise de position s'impose plus que jamais pour lever toute équivoque le label que brandit un mouvement qui a fini par se faire découvrir comme une organisation politique. Il est temps de réhabiliter le CALCC connu de tous comme pour sa philosophie d'action.Dom

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