Congo-Kinshasa: Un nouveau rapport de l'ONU sur la RDC note des changements positifs depuis le changement de régime

Ce rapport note des progrès significatifs au pays depuis l'avènement du nouveau régime politique issu des élections générales du 31 décembre 2018. Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres qui l'a publié, ce jeudi 10 octobre 2019, souligne la nécessité de maintenir la stabilité et la sécurité politiques ainsi que la présence accrue de l'État dans les zones de conflit, pour consolider la transition politique en cours et instaurer une paix et une stabilité durables en République démocratique du Congo (RDC).

Stanislas Ntambwe

La situation en République démocratique du Congo était à l'ordre du jour des travaux du Conseil de sécurité, mercredi 9 octobre, à l'occasion de la publication du rapport trimestriel du Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies (ONU). Contrairement à d'autres rapports antérieurs qui dressaient un tableau sombre sur la RDC, ce tout nouveau rapport du Secrétaire général de l'ONU est plutôt un nouveau regard positif sur ce grand pays au cœur de l'Afrique.

« Modéré, équilibré et encourageant », ainsi peut-on définir le rapport trimestriel du numéro 1 de l'Onu publié le mercredi 9 octobre 2019. Ce, dans la mesure où il note des « changements positifs » depuis le changement de régime politique en RDC. « L'avènement du nouveau régime politique du Président Tshisekedi a fait naître un sentiment d'espoir dans plusieurs régions du pays. J'ai été témoin de certains des changements positifs lors de ma récente visite dans le pays, du 31 août au 2 septembre », a affirmé Antonio Guteress dans son rapport.

Il se félicite de l'investiture du nouveau gouvernement de coalition et encourage ses membres à « continuer de mettre de côté leurs intérêts partisans pour répondre aux besoins du peuple congolais », avant d'exhorter tous les acteurs politiques à conserver l'esprit de consensus qui a présidé à la formation du Gouvernement.

Lutte contre la corruption et la réforme de la justice

En outre, le chef de l'Onu se dit encouragé par l'ambition du Gouvernement de lutter contre la corruption et de réformer le secteur de la justice. « Je l'encourage donc à œuvrer activement en faveur de l'accroissement de l'assiette fiscale de l'État et à intensifier sa lutte contre la corruption à tous les niveaux », dit-il, tout en demandant aux partenaires bilatéraux et multilatéraux d'accroître leur appui à la RDC dans ces domaines cruciaux.

Le rapport met l'accent sur la nécessité d'une coopération régionale pour, croit-il savoir, faire face durablement à la menace que représentent les groupes armés étrangers en RDC et endiguer le flux illicite d'armes dans la région des Grands Lacs. Dans cette optique, il encourage les signataires de l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la RD Congo et la région à « honorer leurs engagements respectifs au titre de cet accord et à tirer parti de la dynamique actuelle pour s'attaquer aux causes profondes des conflits et travailler ensemble à promouvoir une paix et un développement durables dans la région ».

Toutefois, le Sg de l'Onu insiste sur l'importance de maintenir la stabilité et la sécurité politiques ainsi que « la présence accrue de l'État » dans les zones de conflit pour, souligne-t-il, consolider la transition politique en cours et instaurer une paix et une stabilité durables en RDC.

La lutte contre les groupes armés : priorité urgente

Se félicitant de la volonté « déclarée » du Gouvernement congolais de réformer son armée et les autres services de sécurité, M. Guterres se dit cependant, « profondément préoccupé » par la détérioration des conditions de sécurité dans la province du Nord-Kivu et par la persistance de l'insécurité dans les provinces du Sud-Kivu et de l'Ituri.

« Des forces hostiles continuent de s'en prendre aux civils et de saper la stabilité régionale », s'est indigné le chef de l'Onu qui considère que la lutte contre la menace que représentent ces groupes armés, notamment au moyen de mécanismes de responsabilité crédibles, reste une priorité urgente pour le Gouvernement congolais et la MONUSCO.

« Au cours de ma visite, le Président Tshisekedi et moi-même avons convenu que la Monusco et les FARDC devaient collaborer plus efficacement pour lutter contre les groupes armés étrangers. Il est impératif de mener une action résolue contre les Forces démocratiques alliées (ADF), qui continuent de menacer gravement la population civile », a martelé Antonio Guterres.

Il reste convaincu que la stabilité de la RDC dépend du niveau d'attention accordée au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration des groupes armés sévissant dans le pays. À la suite de la démobilisation spontanée de plusieurs groupes armés, cette année, il apparaît clair qu'il faut saisir les occasions offertes par l'amélioration de l'environnement politique et profiter de la volonté de changement des nouveaux dirigeants nationaux et provinciaux, a-t-il relevé.

Appel à fonds

Le rapport note que, le meilleur moyen de réintégrer durablement les ex-combattants est d'adopter une approche souple qui soit axée sur la communauté et favorise le rôle central des femmes. « Je demande au Gouvernement congolais de continuer à créer un environnement propice à la reddition volontaire des combattants et à leur désarmement, leur démobilisation et leur réintégration durables dans leur communauté d'origine », a dit Antonio Guterres, tout en réitérant la volonté de la MONUSCO et de l'Equipe-pays des Nations Unies à collaborer étroitement avec le Gouvernement et à lui fournir l'appui nécessaire.

Pour lui, la MONUSCO a encore un rôle crucial à jouer pour relever les défis sécuritaires et humanitaires auxquels fait face la RDC. « Je me réjouis de l'occasion qui m'est offerte de relancer la coopération entre la Mission et le Gouvernement afin d'atteindre cet objectif », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le rapport pense que pour venir à bout de l'impunité, de la corruption et de l'insécurité qui règne actuellement dans certaines régions du pays, le Gouvernement congolais a besoin de davantage de moyens que ceux dont il dispose pour le moment. D'après ce rapport, il incombe à ce dernier ainsi qu'à l'opposition de jouer leur rôle dans la promotion de l'unité nationale et la mise en place d'institutions solides en engageant un dialogue politique soutenu et inclusif avec toutes les parties prenantes.

Enfin, se disant préoccupé par la maladie à virus Ebola qui sévit à l'Est de la RDC, le Secrétaire général de l'Onu demande aux donateurs et aux partenaires de « fournir les ressources nécessaires » pour, précise-t-il, combler le déficit de financement de l'action humanitaire, notamment lors de la conférence internationale sur la santé publique que le Gouvernement congolais entend accueillir à Goma en novembre prochain.

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