Congo-Kinshasa: Drague d'occasion pour la CVM - Gâchis financier

11 Octobre 2019

Les conclusions de la réunion tripartite Gouvernement-Comité de gestion-Délégation syndicale, tenue le mardi 8 octobre 2019 à Kinshasa sous la direction de la ministre de l'Emploi, Travail et Prévoyance Sociale, Néné Nkulu, assistée de ses collèges du Portefeuille, Clément Kwete, et des Transports, ont été catégoriquement rejetées par le personnel de la CVM (Congolaise des Voies Maritimes). Elles portaient sur la liquidation, par paliers des arriérés de salaires - sans calendrier précis - et l'achat d'une drague d'occasion.

Aussitôt répercutées par la délégation syndicale auprès de la base, elles ont soulevé un tollé tel que la grève, partiellement suspendue au milieu de la semaine dernière, a été automatiquement relancée. Ainsi donc, depuis hier mercredi 9 octobre, toutes les activités ont été suspendues à Matadi, Boma et Moanda. Les grévistes sont particulièrement fâchés contre leurs syndicalistes, qu'ils accusent de chercher à couvrir la mégestion des mandataires en place.

Ils rappellent au gouvernement, qui s'est saisi de leur dossier depuis un certain temps, que le premier préalable à la reprise du travail sur le bief maritime Banana-Boma-Matadi est le paiement, d'un coup, d'au moins 5 mois d'arriérés de salaires sur les 22 impayés, avant le passage à la liquidation par palier de la différence. Au regard de la moyenne mensuelle de recettes, à savoir 2.300.000 Euros, cela est possible, d'autant que l'enveloppe salariale mensuelle s'élève à environ un million d'Euros.

En principe, un reliquat de 1, 3 millions de dollars devrait être signalé mensuellement dans la trésorerie de l'entreprise. Où va cet argent ? La réponse à cette question exige un audit sérieux, impatiemment attendu par le personnel.

En ce qui concerne l'option de l'achat d'une drague d'occasion que s'évertue à privilégier le Comité de gestion de la CVM, avec la complicité de la délégation syndicale, des députés provinciaux et nationaux du Kongo Central ainsi que de quelques membres du gouvernement, des experts-maison indiquent qu'il va s'agir d'un terrible gâchis financier. A les en croire, il n'y a pas péril en la demeure car la vieille drague interne, la célèbre « Tshuapa », continue de réaliser le travail de dragage du bief maritime, à l'entière satisfaction des armateurs.

S'il faille absolument doter la CVM d'une nouvelle drague, celle-ci devrait être pimpant neuf et répondre à certaines spécificités techniques à définir par des ingénieurs hydrographes et de maintenance présents au sein de cette société. Une fois les études de faisabilité terminées, il est conseillé de requérir l'avis de non objection du laboratoire hydraulique de Borgheraut, en Belgique, reconnu comme l'un des partenaires traditionnels de la Direction de l'Hydrographie de la CVM.

On laisse entendre que le dossier d'achat d'une drague d'occasion cacherait, en toile de fond, le projet de soustraction, par un groupe d'initiés, de 10% sur le 1 million de dollars américains représentant le produit de la vente de riz, par la firme Tusse, en compensation des factures dues à la CVM. On prévient que la drague susvisée serait incompatible avec le Dock flottant utilisé par cette entreprise publique.

On devrait éviter toute précipitation dans le dossier d'acquisition d'une nouvelle drague. On rappelle, à ce propos, la malheureuse expérience de 1988 avec la location de la grue « Kallo », qui fut une catastrophe financière pour l'ex-Zaïre, car ayant réduit la calaison du bief maritime à environ 18 pieds ( 5 mètres de profondeur), obligeant les navires de haute mer à déserter, pendant un temps relativement long, les ports de Boma et Matadi, au profit de celui de Pointe Noire, au Congo/Brazzaville.

On signale aussi les cas d'acquisition d'un chalutier et d'une usine à gaz qui se sont révélés, au finish, des « éléphants blancs ».

On ne devrait donc pas se tromper de cible à la CVM, où le principal fléau se trouve être son Comité de gestion, qui l'a transformée en canard boiteux alors qu'elle est capable de produire plus de 2 millions d'Euros par mois, une somme largement suffisante pour couvrir la paie du personnel (1.000.000) ainsi que les frais de fonctionnement, et dégager un bonus pour le Trésor public.

On apprend, aux dernières nouvelles, que même si l'option de la grève reste maintenue, le personnel a tout de même accepté de laisser un bateau qui mouillait à Moanda, sur l'océan Atlantique, remonter le fleuve Congo jusqu'à Matadi. On pense qu'il s'agit là d'un signal allant dans le sens de l'instauration d'un service minimum. Kimp

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