Madagascar: Santé publique - Quid de la surveillance et de la veille ?

Le système de santé publique malgache a besoin de reforme.

Le besoin de renforcement du système de santé publique malgache n'est plus à démontrer. Les difficultés pour le ministère de tutelle à enclencher des actions de riposte durant les épidémies manifestent ce besoin.

« Cela fait deux ans que le ministère n'a plus fait de traitement de la filariose lymphatique ». Ce sont là les propos du Dr Charlotte Ndiaye, représentante résidente de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Madagascar, lors d'une interview effectuée dans les locaux de la maison des nations unies. Avant de déplorer un certain laisser-aller dans la prise en charge de la santé publique. « Pendant tout ce temps, on était occupé par autre chose, on était occupé à faire autre chose que de s'occuper de la santé publique », lança le Dr Charlotte Ndiaye. Des propos qui interpellent tous les acteurs, surtout étatiques, dans la nécessité de mettre en place un système de surveillance, de veille et de riposte efficace et efficiente dans la Grande Île. En effet, même si le pays est actuellement en train de renforcer son système de surveillance par l'optimisation de son système d'alerte précoce, plus particulièrement pour faire face à d'éventuelle épidémie de peste, le fait que l'État a suspendu le traitement de la filariose lymphatique démontrerait un certain manque de coordination des actions.

Coûteux. La récente épidémie de peste a démontré le porté financier de la chose. Une situation confirmée par la représentante résidente de l'OMS à Madagascar qui précise que « les épidémies prennent beaucoup d'argent au pays ». Environ 23 millions de dollars auraient été dépensés durant l'épidémie de peste de 2017, si l'on s'en tient toujours aux dires de notre interlocutrice. Les actions de vaccination contre la polio auraient également coûté 13 millions de dollars. Des sommes avec lesquelles on aurait pu construire beaucoup d'hôpitaux et renforcer les moyens matériels et techniques des établissements des centres de santé éparpillés à travers les régions du pays. Mettre l'accent sur la surveillance afin de limiter les actions de riposte se trouve primordiale pour un pays qui ambitionne de se développer comme Madagascar.

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