Sénégal: Mise en œuvre des programmes «zéro déchet, «zéro bidonville» et «Pse Vert» - Macky Sall tend la main aux élus locaux

11 Octobre 2019

Le chef de l'Etat, Macky Sall, a présidé hier, jeudi 10 octobre, la rencontre avec les élus locaux sur «la territorialisation des politiques publiques dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse).

Dans son allocution d'ouverture, le président Sall a tendu la main aux élus locaux pour l'accompagner dans la concrétisation de son ambition pour le Sénégal, dans son second mandat.

Changement de stratégie dans la gouvernance. Après sept ans de gestion centralisée des projets de développement à travers notamment ses ministres et autres agences directement rattachées à la présidence de la République, le chef de l'Etat, Macky Sall, est monté au créneau hier, jeudi 10 octobre lors d'une rencontre avec les élus locaux sur «la territorialisation des politiques publiques dans la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse), pour annoncer un nouveau cap.

Prenant la parole lors de la cérémonie d'ouverture de cette rencontre en présence des élus locaux venus de toutes les régions du pays (maires et présidents de Conseil départemental), aux côtés des membres du gouvernement, le chef de l'Etat a annoncé son intention de placer les collectivités territoriales au cœur des programmes de gouvernance de son quinquennat.

A ce titre, il a sollicité l'implication des chefs d'exécutifs locaux dans la mise en œuvre de son nouveau programme dénommé «Programme d'actions prioritaires (Pap) 2019-2023 du Pse» qui va concrétiser son ambition pour un Sénégal avec «Zéro déchet», «Zéro bidonville» et la reforestation des terroirs.

«Ce qui vous attend, ce qui nous attend, appelle une mobilisation nationale. La mobilisation de tous les acteurs, Etat central comme collectivités territoriales.

En mettant en œuvre l'Acte III de la décentralisation, j'avais fait un pari pour des exécutifs locaux forts. J'ai déjà pris l'option et la décision de renforcer les transferts de l'État vers les collectivités territoriales.

Comme vous le savez et comme vous pouvez le constater, rien de durable ne pourra se réaliser à travers les différentes initiatives et programmes que je viens d'évoquer sans l'engagement et l'implication personnelle des élus locaux que vous êtes et des exécutifs locaux. Comment pourrait-on réaliser le "Zéro déchet" sans les collectivités territoriales?

Impossible ! Comment pourraiton réaliser le "Zéro bidonville" sans les élus locaux ? Comment réaliser le Pse vert dans nos reforestations, sans les territoires ?», s'est interrogé le président Macky Sall qui justifie sa nouvelle démarche par son «objectif ultime de faire du Sénégal un pays où la prospérité sera partagée».

Dans allocution, le chef de l'Etat ne s'est pas contenté simplement de tendre la main aux chefs d'exécutifs locaux.

En effet, pour montrer son réel engagement aux côtés des collectivités territoriales dont beaucoup peinent aujourd'hui à fonctionner convenablement du fait des difficultés nées de la mise en œuvre de l'Acte III, le chef de l'Etat a également annoncé plusieurs mesures dans le sens d'apporter des solutions aux problèmes vécus.

Il s'agit de la consécration de la journée du 10 octobre «Journée nationale de la décentralisation», le renforcement de la décentralisation du budget réservé à la construction des infrastructures scolaires aux communes et départements.

A cela s'ajoute également la mise en œuvre de nouvelles initiatives majeures au niveau des collectivités territoriales en vue de favoriser l'accès à certains services de base, comme l'électricité, l'eau, l'assainissement, la santé pour ne citer que cela à l'horizon 2024.

Poursuivant son propos, le Président Sall a également annoncé un programme de construction au niveau de tous les départements des maisons de jeunes et de la citoyenneté pour aider la jeunesse à mettre en valeur ses talents artistiques et autres.

Pour cela, il a invité les chefs d'exécutifs locaux à délibérer dans les plus brefs délais pour donner l'espace devant accueillir ces infrastructures (environ 3 hectares voire 4) qui serviront également de centres de formation professionnelle.

RENCONTRE AVEC LE CHEF DE L'ETAT : Les maires demandent plus de considérations

Venus très nombreux répondre à l'invitation du chef de l'Etat, Aliou Sall, président de l'Association des maires du Sénégal (Ams), et ses collègues ont également saisi l'opportunité pour interpeller le chef de l'exécutif sur un certain nombre de problèmes auxquels ils sont confrontés.

Ainsi, dans un mémorandum lu par Abdou Khadre Ndiaye, Secrétaire général de l'Ams, les élus ont déploré entre autres, l'insuffisance des ressources qui leur sont allouées par l'Etat dans la prise en charge des compétences transférées, l'inadaptation de la fiscalité cédée, le refus des opérateurs téléphoniques de payer les redevances des antennes mais aussi la reconnaissance juridique de leur statut.

Prenant la parole à son tour, Aliou Sall, tout en magnifiant les efforts consentis par l'Etat qui, selon lui, a presque doublé les transferts des ressources publiques vers les collectivités territoriales ont doublés, a toutefois invité le chef de l'Etat à se pencher sur la question du statut de l'élu.

En effet soulignant que « l'importance du capital humain est une question centrale», Aliou Sall insistera en déclarant «si nous voulons une action publique locale performante, nous devons avoir des acteurs publics performants».

Poursuivant son propos, le maire de la ville de Guédiawaye a également posé le problème de la ville. Citant en exemple celle de Dakar, Aliou Sall estime que cette dernière a aujourd'hui perdu toutes ses compétences notamment en matière de voirie, de publicité, d'éclairage public, de construction de services sociaux de base.

Ainsi, pour remédier à cette situation, le président de l'Ams n'a pas manqué de prôner une réflexion profonde sur cette question, pour dit-il, «éviter les conflits de compétence.

«Il est évident que cette région capitale cohabite de façon extra proche avec l'État central et que donc certaines questions, forcément, nécessitent une interaction intime entre le gouvernement et les populations au niveau de cette région sinon les tensions vont persister en matière de traitement des ordures, elles vont perdurer en matière d'éclairage public».

MACKY SALL SUR LE BRADAGE DU FONCIER : «Tôt ou tard, nous serons obligés de prendre des mesures de sauvegarde»

Lors de la rencontre d'hier, le chef de l'Etat ne s'est pas seulement contenté de solliciter l'accompagnement des maires dans la gestion du foncier.

En effet, soulignant dans son discours que cette question est aujourd'hui le principal facteur d'instabilité au niveau national, le Président Sall a prôné une réflexion en vue de réformer la manière dont les terres sont cédées.

«Il faut que l'on réfléchisse très sérieusement sur cette question, il faut une réforme et voir comment il faut distribuer les terres.

Même si, au départ par le développement de l'agriculture, on permettait aux conseils municipaux et conseils ruraux de délibérer, pourtant on leur laissait aussi le soin de donner toute la terre qui soit sur le ressort de leurs territoires.

Mais j'invite à la réflexion car tôt ou tard, nous serons obligés de prendre des mesures de sauvegarde».

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