Sénégal: Audition de la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire Ousmane Sonko/Mamour Diallo - Jour de vérité à l'assemblée

11 Octobre 2019

Le présumé scandale dit des 94 milliards autour du titre foncier 1451/R, opposant le leader de Pastef/Les Patriotes Ousmane Sonko et l'ancien directeur des Domaines Mamour Diallo, va connaître un nouveau développement ce jour, vendredi 11 octobre 2019.

Pour cause, l'Assemblée nationale va procéder à l'audition du rapport de la Commission d'enquête parlementaire relative au titre foncier en question.

Un rapport que l'ancien candidat à la présidentielle, crédité de 15, 67% des suffrages exprimés, a invalidé avant d'alerter sur une « cabale » menée contre sa personne, à travers cette commission d'enquête parlementaire, pour entacher son éligibilité à la présidentielle de 2024.

Convoqués en séance plénière, ce vendredi 11 octobre 2019, les membres de la représentation parlementaire ne se prononceront pas seulement sur l'ordre du jour qui porte sur l'examen de la Proposition loi n°12/ 2019 modifiant et complétant la loi organique n°2002-20 du 15 mai 2002, modifiée, portant Règlement intérieur de l'Assemblée nationale.

Au-delà d'entériner les changements qui vont toucher certaines commissions de l'Assemblée nationale, la séance sera suivie de l'audition du rapport de la Commission d'enquête parlementaire relative à l'affaire dite des 94 milliards dans le dossier du titre foncier 1451/R.

Une affaire opposant directement le député et ancien candidat à la présidentielle, Ousmane Sonko, au directeur sortant des Domaines Mamour Diallo, responsable de l'Apr à Louga.

Pour beaucoup d'observateurs de la scène politique comme pour les partisans de Sonko, ce vendredi 11 octobre est parti donc pour être un jour de vérité avec cette audition du rapport de la Commission d'enquête parlementaire qui, rappelons-le, ne sera pas ouverte à la presse puisqu'elle se déroulera à huis clos.

Et pour le camp de Sonko, ce rapport de la Commission d'enquête parlementaire serait le subterfuge qu'utiliserait le pouvoir pour consacrer la « mort politique » de son leader, en le privant suite à la procédure enclenchée et ses développements, de son éligibilité pour la présidentielle de 2024.

Pour rappel, le leader de Pastef/Les Patriotes Ousmane Sonko, ancien inspecteur des Impôts radié de la Fonction publique, avait accusé en 2018 de hauts responsables des domaines, en particulier l'apériste Mamour Diallo, d'avoir détourné 94 milliards de francs Cfa dans une affaire d'indemnisation foncière. Sonko qui avait déclaré avoir déposé une plainte dans cette affaire et écrit à l'Inspection générale d'Etat (Ige) et à l'Office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) avait été lui aussi mis en cause dans cette affaire par une certaine presse, en raison de se supposées relations «avec des parties prenantes dans cette procédure».

Par suite, une Commission d'enquête parlementaire sur l'affaire a été mise en branle par l'Assemblée nationale et celle-ci avait rendu une version de son rapport publique, le 2 juillet, concluant qu'aucun détournement n'a été remarqué dans cette affaire à la fin de ses investigations.

L'opposant Sonko n'avait pas voulu s'expliquer devant la Commission qui affirmait avoir auditionné 31 personnes pendant plus de 40 heures. Le 23 août, Sonko déposait, par le biais de ses avocats, des plaintes contre l'ancien directeur des Domaines, Mamour Diallo, et la Commission d'enquête parlementaire.

Le député avait décidé d'attaquer la Commission d'enquête en justice estimant qu'elle a violé le règlement intérieur de l'Assemblée nationale en divulguant des informations relatives à ses travaux.

Aujourd'hui, vendredi 11 octobre, l'Assemblée nationale va auditer le rapport de la Commission d'enquête parlementaire et décider de la conduite à suivre.

Ce qui semble loin de rassurer le camp de Sonko qui subodore déjà un coup fourré du pouvoir en place et de sa majorité mécanique.

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