Cameroun: Hommage - Souvenez-vous d'Eboa Lotin !

Un culte d'actions de grâce a été célébré le 6 octobre dernier à Douala, 22 ans après la disparition de l'artiste.

C'est l'histoire d'une grande amitié. De liens sans frontières. De célébration d'un artiste qui a marqué plus que son temps, avec des œuvres toujours d'actualité, marqué plus que son pays le Cameroun, avec des fans jusqu'au Japon.

C'est l'histoire d'Emmanuel Eboa Lotin, chansonnier et guitariste disparu le 6 octobre 1997. Dont la disparition a été commémorée par un culte d'actions de grâce à la paroisse de la New Baptist Church (Nbc) d'Akwa, Douala, le 6 octobre 2019, 22 ans exactement après son décès.

A l'initiative de sa famille, soutenue par le sénateur François Xavier Menye Ondo, l'artiste s'est rappelé au bon souvenir de ceux qui l'ont connu, côtoyé, aimé. Des êtres de tous horizons qui sont allés jusqu'au cimetière du Bois des Singes pour le dépôt de la gerbe de fleurs.

Parmi ces personnalités, on a pu voir Roger Milla, ambassadeur itinérant et footballeur de légende, qui l'a connu à Deido, alors qu'il jouait à Léopard de Douala. Pour lui, Eboa Lotin « était devenu un frère ».

Son regret pour cette célébration : « Ce que Lotin a fait pour ce pays, dans la culture, je pense que j'aurais souhaité que cet évènement soit populaire. Afin que les plus jeunes, qui n'ont pas connu cet homme, puissent savoir qui il était 22 ans après sa mort. »

Son autre frère, c'est le sénateur Menye Ondo : « Aujourd'hui où le vivre-ensemble est une priorité que nous devons consacrer, il était bien que 22 ans après, je vienne à Douala pour commémorer la disparition d'Eboa Lotin.

Il est mort la même année que mon père et c'est le premier artiste que j'ai vu en concert. On était attachés l'un à l'autre et je me suis joint à la famille pour célébrer cet évènement. »

En plus d'eux, on pouvait voir Fritz Ntone Ntone, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala (Cud) ou encore ses collègues artistes.

Beko Sadey, Ekambi Brillant, Eko Roosevelt avec qui il partageait la même passion pour la sculpture, Stéphane Dayas qui va interpréter des chansons de l'artiste lors du repas sur les bords du Wouri à Youpwè.

Des présences réconfortantes pour le fils de l'artiste éternel, Henri Lotin : « On sent cet amour pour papa, pour son œuvre, pour sa mémoire.

Ça fait 22 ans, mais ça fait toujours mal. Ça reste une perte. Rien ne l'a remplacé et rien ne va le remplacer.

Donc voir autant de monde mobilisé pour nous réconforter, ça fait plaisir. » Une mobilisation à la hauteur du « conducteur spirituel » qu'était Eboa Lotin, comme l'a dit l'officiant du culte, le révérend pasteur Aaron Dibobe.

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