Cameroun: Situation à Sangmelima - Le gouverneur calme les esprits

Félix Nguele Nguele est descendu hier dans la ville à la suite des violences de mercredi. Une réunion annoncée pour ce vendredi devrait faire baisser la tension.

Hier dans la ville de Sangmelima, chef-lieu du département du Dja-et-Lobo, région du Sud, il fallait jouer des coudes, et surtout montrer patte blanche, pour aller d'un quartier à un autre, traversant, à chaque fois une ou deux, voire trois barricades tenues par des jeunes munis de gourdins, de cailloux ou de machettes.

Sangmelima, la belle coquette, était devenue la cité de la frayeur : aucune boutique ouverte, tous les marchés désertés par leurs bruyants occupants habituels, ambiance terne dans les campus des établissements scolaires. Les principaux lieux, tel la « Place An 2000 l'Envol », sont tenus par des éléments des forces de l'ordre.

Dans les quartiers, des jeunes, visiblement surexcités, disent avoir érigé des barricades pour se protéger des autres.

On semble donc se regarder en chiens de faïence, on s'épie, on se jauge à distance, tout en s'assurant de l'identité de chaque passant. Devant cet état de chose, l'autorité administrative n'est pas restée les bras croisés.

Ainsi, hier en mi-journée, le gouverneur Félix Nguélé Nguélé est arrivé dans une ville. Objectif : s'enquérir, auprès du préfet, David Koulbout Aman, de la situation exacte, surtout, des causes et l'ampleur des événements, afin d'y apporter des solutions immédiates pour apaiser les tensions et que Sangmelima redevienne le terroir d'un vivre ensemble manifeste.

Ainsi, l'on a appris que le feu a été mis aux poudres par le décès, jeudi de la semaine dernière, d'un jeune, nommé Benjamin Assam Belinga, moto-taximan de profession, dont la dépouille en état de décomposition avancée, a été immédiatement inhumée.

Seulement, l'on a constaté que les yeux avaient été arrachés et les parties génitales mutilées. Les soupçons pèsent immédiatement sur son beau-frère, Wilfried Mefoua, qui, assure-ton, a bénéficié de complicités.

Le suspect est retrouvé au centre ville quelques jours plus tard, en possession des babouches et du téléphone du défunt.

Quelques heures après, la famille du disparu découvre la moto du défunt entre les mains de deux autres individus qui ne sont pas autochtones. D'où l'étincelle qui déclenche les hostilités entre autochtones et allogènes qui voient leurs biens attaqués et pillés.

Un fait de trop qui selon le maire, André-Noêl Essian, exprime le rasle-bol d'une population qui vit de plus en plus le phénomène des crimes rituels. La situation est maîtrisée et la nuit de mercredi à jeudi se passe au calme. Mais voilà qu'aux premières heures de la journée d'hier, un fait anodin vient déclencher une autre série de violences.

Un certain « Elle » se revendique la propriété du bâtiment abritant le poste de police et la recette municipale de la ville. Il est convoqué par le préfet qui se trouvait sur les lieux, et la rumeur court que Sieur « Elle » a été mis aux arrêts.

Réaction immédiate : la foule, pas convaincue des assurances du maire, André-Noël Essian, décide d'en découdre avec le préfet. Et dans les quartiers, la tension monte, on se radicalise, on se barricade et on dit prendre des mesures de protection contre toute attaque extérieure.

La journée se termine ainsi sur un climat, certes calme, mais tendu. C'est alors que des renforts, composés des forces de police et de la gendarmerie nationale, sont venus d'Ebolowa et de Yaoundé.

Ce vendredi, une réunion, baptisée « dialogue intercommunautaire », va se tenir dans la salle des actes de la permanence du parti, sous la présidence effective du gouverneur de la région du Sud.

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