Ile Maurice: Le père Moctee condamné - «Nous avons cru en notre enfant dès qu'il a brisé le silence»

Ils ne sont pas près d'oublier cette année 2015. «Notre fils avait 15 ans. Cela a été un choc total lorsqu'il nous a raconté, un mois après l'incident, ce qu'il avait subi», confient les parents, qui ont accepté de revenir sur l'incident.

«Nous sommes des pratiquants et avons l'habitude de nous rendre à la messe. Idem pour notre fils qui adorait et respectait le père Moctee qui venait d'être muté dans la paroisse de la localité, il y a quelques années. Pour lui, c'était un role model.» Ils décident donc, disent-ils, de laisser leur fils aller, avec un ami, chez l'homme religieux, le 25 avril 2015. Ils pensaient qu'il allait beaucoup apprendre du prêtre de 57 ans. Mais celui-ci avait autre chose en tête.

Le prêtre s'est glissé sous la couette avec l'adolescent qui était avec un ami et a même attenté à sa pudeur dans les toilettes. «Depuis cette nuit, nous avions remarqué un changement. (... ) C'est son cousin, à qui il en a parlé, qui lui a conseillé de ne plus se murer dans le silence.» Les parents décident alors de saisir la Child Development Unit (CDU) avant de référer le cas à la police. «Nous avons tout de suite cru en notre enfant. Nous avons été abasourdis et ne savions pas trop quoi faire.»

Mais après l'accusation portée contre le prêtre, leur vie va changer. Ils soutiennent avoir été traités comme des coupables par des gens de leur communauté. «Le regard avait changé envers nous parce que nous avions montré du doigt un homme d'Église. (... ) Au lieu d'avoir le soutien, nous avons subi des commentaires désobligeants», déplorent ces parents. Mais ils ne se découragent pas pour autant et se montrent solidaires dans cette épreuve.

Pour eux, il fallait absolument soutenir leur fils qui était alors en Form III et devait participer aux examens, malgré sa baisse de performance au collège. «On ne pouvait pas le laisser seul et vivre avec des séquelles. C'est vrai qu'il est fort et est quelqu'un d'épanoui qui est aujourd'hui en Higher School Cetificate.»

Le plus dur pour eux, avancent les parents, a été quand la psychologue de la CDU a commencé à bombarder leur enfant, déjà traumatisé, de questions. Mais avec un esprit de battant, le père et le fils acceptent de témoigner en cour, même s'ils ne sont pas familiers avec les procédures. «Nous faisions le va-et-vient en cour pour apprendre que le procès avait été renvoyé. Nous avons gardé espoir jusqu'au jour où le jeune homme a dû être confronté son agresseur, en témoignant contre lui et en répondant aux questions de son avocat.»

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