Madagascar: Vers des descentes inopinées d'Andry Rajoelina - Justice, Domaines, Gendarmerie, Police, Jirama

Tous les services réputés parmi les plus touchés par la corruption sont dans le collimateur du numéro Un d'Iavoloha.

L'engagement « numéro 3 » des 13 « velirano » présidentiels prévoit le renforcement de la lutte contre la corruption et une Justice équitable. Un engagement dont l'application stricto sensu est exigée par le président Andry Rajoelina. Pas plus tard que la semaine dernière, le Chef de l'Etat a convoqué ses proches collaborateurs au niveau de la Présidence de la République. Une occasion pour lui de réitérer son message d'avertissement contre toute tentative d'abus de pouvoir, de corruption et/ou de malversations. « Ce sera zéro tolérance et zéro intervention », a martelé le Chef de l'Etat. Depuis ses 8 mois de pouvoir, le régime actuel renforce la chasse aux gros poissons et aux responsables au sein de l'Administration publique impliqués dans des affaires louches.

Suite aux nombreuses doléances reçues auprès de la Présidence de la République concernant les mauvaises pratiques à l'aéroport international d'Ivato, le président Andry Rajoelina a effectué une descente au niveau de la Police de l'Air et des Frontières cette semaine, juste avant son départ pour Lyon. Une descente durant laquelle il a lancé une ferme mise en garde contre toute velléité à soutirer de l'argent aux passagers. Le Chef de l'Etat a donné un ordre formel au ministre de tutelle afin de prendre des mesures sévères contre les auteurs de corruption et des abus au sein de la PAF.

Polémiques. D'après les informations, le président Andry Rajoelina envisagerait de reproduire ce genre de contrôle dans d'autres services de l'Administration publique. Des descentes inopinées seraient ainsi prévues au niveau entre autres, des tribunaux et du secteur de la Justice, des services des domaines, au niveau des commissariats, dans les sièges de la Jirama et des bureaux de la Gendarmerie. En quelque sorte, tous les services réputés parmi les plus touchés par la corruption sont dans le collimateur du numéro Un d'Iavoloha. Faut-il rappeler que selon les derniers rapports de Transparency International, les Collectivités Territoriales Décentralisées, la Justice, la Gendarmerie et le domaine du foncier occupent le pôle position en termes de corruption. Ces secteurs provoquent quotidiennement des polémiques aussi bien au niveau des réseaux sociaux que dans les médias.

Liberté provisoire. Pas plus tard que cette semaine, l'affaire du président national de l'association « Za Gasy », Jean Navandahy Ratiharison a été perçue comme un coup de tonnerre dans les rangs des observateurs. Accusé de meurtre et de coups et blessures volontaires, ce candidat malheureux des dernières législatives dans le deuxième arrondissement a été placé sous mandat de dépôt à la maison de force de Tsiafahy depuis le 29 mai dernier.

Il a bénéficié d'une liberté provisoire, pile au moment où le président Andry Rajoelina, s'apprêtant à décréter une grâce présidentielle, déclare que les détenus ayant commis un crime de sang doivent purger leur peine. Au niveau du service des domaines, les litiges fonciers engendrant l'expulsion des milliers de personnes de leurs terres, sont devenus monnaie courante au niveau de la Société malgache. Il convient de noter toutefois que ces derniers temps, la Grande île a réussi à franchir quelques places dans l'indice de perception de la corruption. La lutte contre la corruption et l'instauration de la bonne gouvernance figurant parmi les axes prioritaires de l'Initiative pour l'Emergence de Madagascar, la démarche initiée par le président Andry Rajoelina dans la lutte contre ces fléaux est fortement saluée par les observateurs.

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