Cameroun: Isidore Modjo ( sur son film interdit) - 'Nous assistons à une solidarité malsaine des méchants "

12 Octobre 2019

Le réalisateur camerounais Isidore Modjo revient sur le tollé provoqué par l'interdiction par les autorités camerounaises de la sortie en salle de son nouveau long-métrage « Pour mes droits, le pouvoir contre le pouvoir »

Il y a une semaine, la sortie de votre film « Pour mes droits, le pouvoir contre le pouvoir », a été interdit de projection en salle par les autorités camerounaises. Qu'est ce qui s'est réellement passé ?

Le 16 janvier 2019 j'ai obtenu une autorisation de prise de vues

Le 13 Août 2019 j'ai fait la Demande de visa d'exploitation

Le 14 Août 2019 j'ai fait la Demande de la salle du Centre Culturel Camerounais pour les 4 et 5 octobre 2019 pour la sortie du film long métrage « ... POUR MES DROITS » de Isidore MODJO.

Le 16 Août 2019 j'ai reçu l'accord du Directeur responsable du Centre Culturel Camerounais

Le 18 Août 2019 Payement d'un acompte pour confirmer la salle du Centre Culturel Camerounais.

Le 02 Sept 2019 Lancement de la Campagne pour la sortie du film

Le 17 Sept 2019 Le Directeur du Cinéma reçoit Isidore MODJO et lui donne les modifications à apporter au film pour le VISA.

Le 23 Sept 2019 Remise au Directeur du Cinéma de la copie modifiée du film

Le 30 Sept 2019 Lettre du Refus de VISA par Monsieur le Ministre des Arts et de la Culture.

Le 04 Oct. 2019 Recours gracieux au Ministre des Arts et de la Culture

Quel impact cette interdiction de diffusion de votre film a-t-elle eu sur vous ?

Cette censure m'a fait perdre beaucoup d'argent faisant ainsi beaucoup de mal à l'industrie cinématographique au Cameroun. De nombreux comédiens ont perdu là l'occasion de leur heure de gloire.

Dans ce film, quels sont les sujets forts qui sont évoqués ?

Premièrement la souffrance d'un homme dont le seul péché a été de créer les génériques et jingles qui constituent l'habillage officiel du Poste National de la CRTV.

En suite la perfidie de certains hauts responsables de notre administration.

Puis, l'insubordination d'un membre du Gouvernement qui refuse d'exécuter l'instruction répétée du Premier Ministre Chef du Gouvernement.

Enfin, la détermination d'un Premier Ministre Chef du Gouvernement qui droit dans ses bottes fini par faire exécuter son instruction.

Avec le recul, vous avez compris pourquoi le film ne plait pas au ministre de la culture ?

Hé oui ! Nous assistons à une solidarité malsaine des méchants.

Ce qui m'intrigue, c'est le silence des bons.

N'achemine t-on pas vers ce que nous pouvons intituler "La nouvelle affaire Isidore Modjo" surtout que nous savons que vous avez un grief envers votre ancien employeur la CRTV? Où en sommes nous avec vos démêlées avec le Directeur de la CRTV ?

Nous sommes là dans la continuité de l'affaire qui ne s'est en réalité jamais arrêtée.

Je suis victime d'un harcèlement professionnel intense ceci dans un environnement où dans la plus part des cas, la nomination rend fou et fait croire aux personnes nommées qu'elles ont la science infuse et se croient même doté du droit de vie ou de mort sur leurs collaborateurs et partenaire.

A titre d'exemple le DG de la CRTV a abusivement enlevé de la grille des programmes de la CRTV, mon émission TROPIC LOVE malgré un contrat.

En ce qui concerne mon combat, l'instruction du Premier Ministre Chef du Gouvernement (à savoir le paiement d'un acompte de 50 millions et la finalisation de mon contrat de cession) a été exécutée avec beaucoup de douleur. Il est tout de même important de préciser que les 50 millions constituent un avaloir sur les un milliard huit cent millions que me doit l'Etat du Cameroun.

Nous savons également que vous avez plusieurs autres films à votre actif. Avez-vous eu des problèmes similaires lors de leur diffusion ?

Non je suis à mon 5ème long métrage et c'est maintenant que je me trouve face à la censure. Maintenant que j'ai fait un film qui doit faire bouger les lignes.

Avez vous actionné les moyens légaux afin de faire lever cette censure?

Oui j'ai déposé un recours gracieux au Ministre des Arts et de la Culture avec beaucoup d'espoir.

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