Malawi: La contestation contre la réélection du président se poursuit

L'opposition conteste toujours la victoire du président Peter Mutharika, réélu en mai dernier avec 38,57% des voix, avec seulement 160 000 voix de plus que le principal opposant, Lazarus Chakwera. La justice doit se prononcer prochainement, sur une requête en annulation, déposée par les opposants.

Alors que les manifestations se succèdent, depuis l'annonce des résultats de la présidentielle, en mai dernier, les ambassadeurs de six pays au Malawi, dont celui des États-Unis, ont publié un communiqué commun. Dans ce texte, ils condamnent toute forme de violence, et appellent le gouvernement à enquêter sur tous les actes criminels.

Cette déclaration est publiée après une semaine marquée par des violences. Un policier est mort, mardi 8 octobre. Selon la police, l'agent a été tué à coups de pierres, à Msundwé, à l'ouest de la capitale, pendant des échauffourées entre des partisans du président, qui voulaient se rendre à un meeting et des opposants, qui tentaient de les en empêcher.

Depuis l'annonce de la victoire de Peter Mutharika, des manifestations finissent régulièrement en affrontements avec les forces de l'ordre. Les opposants demandent notamment la démission de la présidente de la Commission électorale, accusée d'avoir couvert une fraude.Une montée des tensions

Dan Banik, professeur à l'université d'Oslo et spécialiste du Malawi, s'inquiète d'une montée des tensions. « Depuis le scrutin, il y a eu une augmentation des violences, et c'est quelque chose de nouveau, explique-t-il. De nombreuses informations font état de violences, d'arrestations arbitraires de militants, d'attaques contre des personnes. Et d'ailleurs, ça ne vient pas que des forces de l'ordre. Par exemple le policier qui est mort a été lynché par la foule ».

En tout, une quarantaine de personnes ont été interpellées, dans le cadre des affrontements du début de la semaine. Quatre ont été inculpées de meurtre. Mardi, le président du Malawi a lancé un appel au calme et à l'unité.

Pourquoi cette contestation ?

« Il n'y avait que 160 000 voix d'écart, entre le président et le candidat arrivé en seconde position. Or le pays est divisé en trois grandes régions. La plus peuplée d'entre elles est dans le Sud, c'est de là qu'est originaire le président actuel, et c'est là qu'il a eu le plus de votes. Dans la région du Centre, c'est le leader de l'opposition qui est arrivé en tête. Et dans la région du Nord, c'est un autre candidat. Donc, trois candidats différents sont arrivés en tête, dans chacune des régions du pays. Et c'est parce que le Sud est plus peuplé que le président a obtenu 160 000 voix de plus », souligne Dan Banik.

« De nombreuses irrégularités ont été rapportées, dans la compilation des résultats. Donc, les plus grands partis d'opposition ont l'impression que le résultat de l'élection est faussé. Et enfin, la présidente de la Commission électorale a été accusée d'avoir déclaré les résultats un peu trop vite, au lieu de prendre le temps d'examiner tous les éléments, pour pouvoir annoncer les résultats correctement », ajoute Dan Banik.

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