Congo-Kinshasa: Goma - L'écart de salaires entre politiques et enseignants à la base de la radicalisation de la grève

Les enseignants des écoles publiques de Goma, qui sont allés en grève depuis le 2 octobre 2019, projettent une marche ce lundi dans la ville pour radicaliser leur démarche. Et pour cause, les écarts qui existeraient entre le salaire des fonctionnaires politiques et celui des hommes de la craie sont mal perçus par ces derniers.

Dans un communiqué publié après une réunion tenue, le samedi 12 octobre 2019 à Goma (Nord-Kivu), les enseignants des écoles publiques annoncent une marche de protestation pour ce lundi 14 octobre avec comme point de chute, le Gouvernorat de la province où un mémorandum contenant les motifs et pistes de solutions de la grève sera déposé.

Pour Innocent Bahala Shamavu, enseignant à l'Institut Majengo de Goma et l'un des organisateurs de la marche, les écarts de salaire doivent être revus en République démocratique du Congo entre institutions.

« Il n'est pas normal qu'un député provincial ou national soit le plus gâté qu'un enseignant en RDC. Les députés touchent mieux que les enseignants, alors que ce sont les enseignants qui forment ces députés. Un jour, nous irons placer le tableau à l'Assemblée provinciale et nationale pour que les députés enseignent les élèves de toute la République, puisque nous nous sentons marginalisés. C'est une injustice sociale », a déploré renchérit Innocent Bahala Shamavu.

Les revendications des enseignants

« Nous réclamons le paiement des enseignants sur toute l'étendue du pays et en particulier au Nord-Kivu. La cause est commune : il y a des nouvelles unités et des non-payés qui ne sont pas pris en compte dans les listings, alors qu'ils enseignent un grand nombre d'élèves. Et même les payés n'ont pas eu les 245 dollars Usd comme avaient promis les autorités. Ceux qui ont touché pour le mois de septembre, ont reçu au total 175 dollars Usd. Les clauses n'ont pas été respectées, c'est pourquoi nous appelons tous les enseignants à rejoindre cette marche de ce lundi parce-que, nous voulons que tous les enseignants soient payés comme il se doit », a expliqué Innocent Bahala Shamavu.

D'après lui, l'autorité urbaine est déjà informée sur l'itinéraire que vont prendre les enseignants pour exprimer leur ras-le-bol. « Nous avons déjà informé le maire de la ville de Goma quant à ce. Nous partirons de l'Institut de Goma jusque devant le bureau du Gouverneur puisque c'est lui qui représente le chef de l'État au Nord-Kivu. Nous allons déposer notre mémorandum dans le calme et nous pensons que nos revendications seront prises en compte », a-t-il précisé.

Retour à la prime des parents?

Les enseignants considèrent que la prime des parents n'est plus d'actualité en RDC. « Nous comparons cette prime à la maladie à virus Ebola et, celui qui osera d'en parler, nous allons faire tout pour l'éradiquer. Il faut qu'il y ait l'effectivité de l'application de la gratuité de l'enseignement de base consignée dans la Constitution et soutenue par la vision du chef de l'État. Nous le soutenons et nous ne voulons plus de prime des parents », a tranché Innocent Bahala Shamavu.

Pour sa part, le Professeur Docteur Dady Saleh, spécialiste en stratégie de développement, renchérit que la gratuité de l'Enseignement est un droit constitutionnel et le paiement à juste titre des enseignants, est le droit le plus élémentaire. Il estime que le Ministère de tutelle devrait prendre des mesures claires pour que les enseignants soient mieux payés.

Par ailleurs à Goma, certains parents disent soutenir la tenue de la marche de ce lundi. D'autres par contre, suggèrent la reprise de paiement des primes par les parents pour que la situation ne dégénère pas à une année blanche.

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