Congo-Kinshasa: 30 ans déjà depuis sa disparition - Luambo Makiadi Franco reste irremplaçable

12 octobre 1989 - 12 octobre 2019, 30 ans jour pour jour depuis que l'artiste musicien L'Okanga La Ndjo Pene Luambo Luanzo Makiadi dit Franco de mi amor, a tiré sa révérence aux cliniques de l'Université catholique de Louvain à Mont Godinne, en Belgique. A Kinshasa la capitale, plusieurs personnes parlent d'une icône de la musique congolaise, d'autre d'un artiste irremplaçable.

Il fut Président-fondateur du Tout Puissant OK Jazz, Président de l'AS Vita club, Directeur général de la Mazadis, Editeur du Journal des vedettes "YE", promoteur de Visa-80. Son passage à la tête de toutes ces structures a été marqué de son empreinte indélébile. Ceux qui l'ont côtoyé et percé sa carapace gardent de lui des souvenirs divers d'un leader, d'un homme sensible, altruiste, généreux, affable, sociable, ouvert aux critiques constructives, réfléchi, bosseur, taquin par-dessus le marché, bon vivant, etc. A Kinshasa, les souvenirs sont nombreux dans les mémoires des kinoises et kinois interrogés par la rédaction de votre journal. Fort malheureusement, plusieurs d'entre eux se souviennent pas de cette date quand bien même que d'autres gardent de meilleurs souvenirs de celui qu'on appelait "Grand maître".

Ils parlent même d'une légende de la Rumba qui reste irremplaçable. «Je suis né à Kinshasa mais j'ignore cette date. D'autant plus qu'aucune manifestation n'est prévue pour ce grand monument de notre musique, malgré sa grandeur, rien n'est fait pour lui aujourd'hui, alors qu'on devrait faire normalement quelque chose ! », s'exclame un kinois. «Trente ans après la mort de grand-maître, Franco Luambo, la rumba congolaise n'a pas encore trouvé un artiste capable de barder cette renommée internationale qui était la sienne depuis les années Zaïre jusqu'à nos jours », déclare M. Merlin Banza, un vendeur de disques.

Excepté le spectacle qu'a livré, samedi 12 octobre dernier, le musicien Eric Nice dans un bar de Kinshasa, aucun autre événement à la grandeur de celui qui, jadis, était surnommé "Grand maître", n'a été organisé à Kinshasa. Toutefois, de nombreux mélomanes en RD. Congo, dans toute l'Afrique, et même hors du continent, se souviennent de Franco, à travers ses chefs d'œuvres.

Gros Plan sur le génie Franco Luambo

François Luambo vient au monde le 6 juillet 1938 à Sona-Bata, dans la province du Kongo Central. Très tôt, son père Joseph Emongo, un cheminot, installe sa résidence à Léopoldville, actuelle Kinshasa. L'enfant grandit dans un milieu modeste à l'instar de tous les garçons de son âge. Il ne fait pas long feu sur les bancs de l'école, le virus de la musique ayant pris le dessus sur toutes les autres considérations. Son jeune frère Bavon Marie Siongo lui emboîte le pas quelques années plus tard. A un mois de ses 18 ans, le 6 juin 1956, Luambo monte son propre groupe musical dénommé OK Jazz avec le concours du Brazzavillois Essous Jean Serge.

C'est le début d'une grande aventure faite des hauts et des bas qui le mènera sur plusieurs scènes musicales de toutes les provinces du pays et des continents africain, européen, américain et asiatique. En dépit de son "handicap scolaire" qu'il comblera au fil des années comme self made man, Franco tire largement profit de son registre de talents multiples de guitariste, chanteur, auteur compositeur, pour tailler son chemin dans le roc et voler de ses propres ailes. Il prend le soin de s'entourer des collègues performants et n'hésite à puiser dans le vivier de l'autre école de la musique pilotée par Joseph Kabasele Tshamala dit Grand Kallé et composée par des artistes ayant un background scolaire. Cette mixture lui a permis de satisfaire ses mélomanes du Congo Kinshasa, de l'Afrique et du Monde entier. Il meurt le 12 octobre 1989, aux cliniques de l'Université catholique de Louvain à Mont Godinne, en Belgique.

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