Maroc: Le nouvel échéancier de paiement de l'IATA inquiète les voyagistes marocains

La décision exigeant un règlement bimensuel sera effective à partir de janvier prochain

La décision de l'Association internationale du transport aérien (IATA) d'exiger le règlement bimensuel à partir de janvier 2020 ne passe pas chez les voyagistes marocains qui ont exprimé récemment leurs vives inquiétudes.

L'organisation commerciale internationale de sociétés de transport aérien, qui compte quelque 290 compagnies aériennes, représentant 82% du trafic aérien mondial, a annoncé dernièrement qu'elle exigera des voyagistes un paiement bimensuel à compter de l'année prochaine.

La nouvelle mesure de l'IATA constituerait «une vraie source d'inquiétude», ont indiqué les voyagistes affiliés à cette organisation, fondée à La Havane à Cuba en avril 1945.

Au cours d'une rencontre tenue vendredi dernier, ces derniers ont clairement exprimé leur mécontentement quant au nouvel échéancier de paiement et déclaré craindre pour leur avenir. A les entendre, cette mesure constituerait également «une menace aux équilibres financiers» de leurs entités.

Pour le président de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM), Khalid Benazzouz, la décision de l'IATA de passer au paiement bimensuel au lieu de mensuel « va certainement impacter drastiquement les agences de voyages et participer à fragiliser leur situation», rapporte la MAP.

Selon lui, le « changement brusque » de la fréquence des paiements inquiète beaucoup les voyagistes qui espèrent « rester au moins sur un mois, et préparer l'avenir ».

Président de l'APJC Maroc (Agency Programme Joint Council), un comité composé de représentants des transporteurs aériens et des agents de voyages, Mohamed Amal Karioun a, pour sa part, indiqué que la décision unilatérale et sans consultation de l'IATA d'exiger le règlement bimensuel «n'est en aucune manière conforme aux relations commerciales qui doivent prévaloir entre fournisseurs et clients».

Les conditions actuelles du marché ne permettant pas un passage au paiement bimensuel, ce dernier a estimé que l'IATA, dont l'activité principale est la simplification des facturations entre les compagnies aériennes et les agents de voyages (BSP) ou les transitaires/agents de fret (CASS), aurait dû engager une concertation avec les agences de voyages à ce sujet afin de trouver une entente au lieu de les mettre devant le fait accompli.

Le secteur des agences de voyages n'est pas prêt pour le moment à passer au paiement bimensuel, a soutenu le directeur Marché Maroc et Moyen-Orient au sein de la compagnie aérienne Royal air Maroc (RAM), Abderrahman Brahimi. La situation est telle que ce dernier a estimé nécessaire un moratoire afin que les opérateurs puissent se préparer à cette nouvelle donne, affirmant que « si la transition au bimensuel est obligatoire, il faut juste que les agences de voyages soient préparées».

Si le principal motif de l'IATA, dont la vision est de «travailler ensemble pour façonner la croissance future d'un secteur du transport aérien sûr et durable qui connecte et enrichit notre monde», est de se prémunir des défauts de paiement, Abderrahman Brahimi fait remarquer que le taux du non recouvrement au Maroc en 2018 était de 0,0017%. Et de déduire que le risque est maîtrisé et ne menace en aucun cas le marché.

Une analyse que partage le directeur des ventes à Air France, Sedri Essid, qui soutient que «le marché marocain n'est absolument pas prêt à passer au paiement bimensuel».

Tout en appelant à mettre l'accent sur la nécessité d'avoir un consensus sur le sujet entre l'IATA et les agences de voyages, celui-ci estime qu'« on doit travailler ensemble et préparer ce passage vers le bimensuel».

Soulignons qu'au cours de leur réunion, les voyagistes ont également débattu de la nouvelle génération de systèmes de règlement des comptes (NewGen ISS) de l'institution internationale qui régit la distribution et le règlement des fonds entre les agents de voyages et les compagnies aériennes.

Vers la consolidation de la coopération économique Maroc-Ethiopie

La consolidation de la coopération économique a été au centre d'entretiens, samedi à Marrakech, entre le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Salaheddine Mezouar, et le ministre et conseiller spécial du Premier ministre d'Ethiopie, Arkebe Oqubay.

Lors de ces entretiens, tenus en marge de la 12ème édition de la World Policy Conference (WPC), M. Mezouar a appelé au renforcement des liens entre les communautés d'affaires des deux pays à travers l'activation d'un partenariat, favorisant le co-investissement, entre les organisations patronales respectives.

Il a, par ailleurs, saisi cette occasion pour féliciter M. Oqubay du prix Nobel accordé récemment au Premier ministre éthiopien.

Les deux parties ont également échangé sur les mécanismes à mettre en place pour identifier les opportunités et simplifier le processus d'investissement dans des secteurs tels que l'agroalimentaire, les énergies et l'industrie.

Cette rencontre a été marquée par la présence du président de la commission diplomatie économique, Afrique et Sud Sud, Mohamed Laaziz El Kadiri, rapporte la MAP.

La 12ème édition de la World Policy Conference (WPC) a été marquée par la participation d'un parterre d'éminentes personnalités du monde de la politique, de l'économie et des médias, outre des académiciens, des experts et des chercheurs issus des quatre coins du monde.

Placée sous le Haut Patronage de S.M le Roi Mohammed VI, cette conférence, qui s'achève ce lundi, a pour mission de contribuer à promouvoir un monde plus ouvert, plus prospère et plus juste, ce qui suppose un effort permanent pour comprendre la réalité des forces en jeu et leurs interactions, et réfléchir à l'adaptation pacifique de l'organisation des rapports interétatiques à tous les niveaux, dans le respect de la culture et des intérêts fondamentaux de chaque nation.

Elle offre également un espace de réflexion et de dialogue essentiel autour des grands enjeux de la gouvernance mondiale, tout en permettant de développer des liens durables.

Les travaux de cette 12ème édition portent sur les enjeux de la technologie dans la société et en politique, les cyberpuissances, la cybermenace, l'énergie et l'environnement, ainsi que sur les perspectives économiques et politiques, le commerce, l'investissement direct et la confiance, mais aussi sur l'avenir du système monétaire international, l'arme du droit et la mondialisation, entre autres.

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