Ile Maurice: Les enjeux de la campagne 2.0

Vire mam. Clip culte utilisé, par le MSM, où l'on fustigeait notamment l'ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, lors de la campagne en 2014, sur la Toile, diront de nombreux observateurs. Et, nombreux sont ceux qui avancent qu'Internet, surtout les réseaux sociaux, sont devenus un outil indispensable si l'on veut livrer bataille pendant les élections.

«Ou pa trouve, nepli ena mem bandrol ek oriflam aster. Nepli gaspiy kas. Trwa-kar zafer lor Internet mem aster!» lance cet agent politique, âgé d'une soixantaine d'années. «Sel dezavantaz, se ki ena vie dimounn pa tro konpran sa... »

Mais nos aînés, eux aussi s'y mettent peu à peu. Tous ont bien compris - les politiciens et les campaign managers en premier - qu'Internet est devenu un outil indispensable. Il n'y a qu'à se connecter pour s'en rendre compte. Les publicités «sponsorisés» fusent sur Facebook, YouTube. «Ou get enn vidéo nef minit ou trouv latet politisien trwa fwa!»

Alors que les applications poussent de partout... Comme celle du MSM, qui a lancé la sienne - baptisée Ensam, le 2 octobre. Le but : montrer les objectifs atteints par le gouvernement ou encore les projets qu'il espère réaliser le plus vite possible, entre autres. À hier, samedi, 12 octobre, plus de 5 000 personnes avaient déjà téléchargé cette appli.

Dans le camp adverse, il y a les vidéos de Navin Ramgoolam, version 2.0, qui sont partout. Sur la page du chef de file des rouges, photos et vidéos se succèdent à un rythme effréné. Même stratégie pour Pravind Jugnauth, qui a lui aussi sa page Facebook. Les followers se comptent par milliers pour les deux leaders de partis.

Les candidats potentiels de différents bords n'hésitent pas non plus à utiliser les réseaux sociaux pour faire leurs annonces, proposer leur point de vue, montrer leurs faits et gestes sur le terrain. Photos des réunions, vidéos montrant la proximité avec les électeurs, rien n'est laissé au hasard.

Il y a également les agents qui sont à pied d'œuvre afin de mobiliser le plus grand nombre de partisans. «Tou pe pas lor Facebook, Messenger ek WhatsApp, kot nou pé donn landrwa ek ler rankont. Tou dimounn ena smartphone aster. Pli fasil.»

Les différents partis misent aussi sur Facebook Live pour faire passer leur message à un plus grand nombre. Que ce soit en conférence de presse, en congrès ou en réunion, les agents y sont pour assurer la retransmission en direct.

Ce qui est certain c'est qu'en 2019, les réseaux sociaux ont gagné du terrain face aux caisses à savon.

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