Afrique: Des congés abusifs tuent l'entreprise !

opinion

Loin de nous l'idée de fustiger l'organisation du travail qui veut qu'un agent actif a le droit chaque année, après avoir exercé les tâches qui lui reviennent, de récupérer ses forces à travers une période précise qui ne dépasse pas le nombre de mois conventionnellement reconnu selon la nature du congé. Car trop d'abus de congés peuvent créer des dysfonctionnements dans l'entreprise, en l'occurrence la non rentabilité de celle-ci. Cela est aussi une antivaleur qui ne dit pas son nom.

Dans le droit du travail, le mot congé désigne, d'une part, la période pendant laquelle un salarié est autorisé à quitter provisoirement son emploi (vacances), et d'autre part, l'écrit par lequel l'une ou l'autre des parties dénonce le contrat de travail. Le cas qui nous intéresse ici est celui du terme congé dans sa première assertion.

Une entité socio-professionnelle, quelle qu'elle soit, est organisée de telle manière que chaque agent, là où il exerce, accomplisse une ou des fonctions précises. Et c'est l'articulation de toutes ces fonctions accomplies par des agents différents qui donne vie à la société ou à l'administration. Alors que constatons-nous de plus en plus dans certaines administrations et entreprises privées ou publiques ?

Les congés, au lieu d'être ces forts moments que l'on quitte provisoirement le boulot, en réalité une fois l'année, si aucune autre situation sociale ne l'exige pas, deviennent, disons-le sans se voiler la face, des occasions abusives pour certains travailleurs de cessation déguisée de boulot pour des balades inutiles et des distractions invraisemblables. Sans gêne aucune, certains agents se sont passés pour des « éternels demandeurs de congé », le plus souvent au-delà même de cinq à six mois, alors que l'année n'a que douze mois. En fait de compte pour toute l'année, ces « gens-là » n'ont travaillé que pendant six mois. Allez-y comprendre !

L'effet principal c'est l'asphyxie de la fonction exercée dans la chaîne du travail, à l'image d'anneau qui a sauté dans la chaîne de production. Et cela se vit à travers l'entassement des pièces et documents à faire circuler, à cause d'une absence pérenne qui a des effets d'entraînement pour d'autres agents, à travers des baisses remarquables de la quantité de travail pour toute l'administration, des aller-retour des usagers qui viennent solliciter en vain des services de ces fameux « agents en congé ». C'est triste comme réalité !

Certains se permettent même d'aller en congé simplement par le fait de l'avoir demandé, sans attendre la décision de la hiérarchie. Comme on le voit, ces abus sont dangereux et paralysants pour l'entreprise ou l'administration, car pour des sociologues de travail, des congés abusifs sont le « parent proche » de la résiliation du contrat de travail. C'est la manifestation de la paresse pour l'agent, de l'affaiblissement des sanctions, de libertinage. Finalement, c'est l'administration ou l'entreprise qui prend le coup avec une rentabilité au rabais. C'est bizarre comme agissements. Où sont alors des syndicats, eux qui sont habitués à défendre les intérêts des travailleurs au lieu de les moraliser aussi ?

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